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Carbone : les mécanismes de compensation surestiment leurs effets (étude)

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Les mécanismes de compensation carbone échouent à réduire efficacement les émissions de gaz à effet de serre, rapporte une étude publiée en octobre dans la revue Annual Reviews. Après avoir passé en revue vingt-cinq ans de littérature scientifique, les auteurs concluent que la plupart des programmes surestiment massivement leurs effets climatiques, parfois d’un facteur cinq à dix. Parmi les principales failles figurent la non-additionnalité, lorsque les projets auraient vu le jour sans financement carbone, mais aussi les fuites, qui déplacent les émissions plutôt que de les réduire. Autres problèmes, celui de la non-permanence du stockage de carbone, susceptible d’être relâché en cas de retournement du sol ou d’incendie, et celui les doubles comptages, quand un même bénéfice climatique est revendiqué par le vendeur et l’acheteur du crédit carbone. Face à ces écueils, les auteurs recommandent de réorienter le marché vers des projets « capables de retirer durablement le CO₂ de l’atmosphère ». Ils mentionnent notamment le DACCS (Direct air carbon capture and storage), qui capte directement le CO2 dans l’air pour le stocker dans des formations géologiques adaptées, et le BECCS (Bioenergy with carbone capture and storage), qui consiste à séquestrer du CO2 à partir de biomasse, couplé à la production d’énergie. Ces technologies demeurent toutefois marginales. Aussi, la priorité mondiale doit être « la réduction rapide et profonde des émissions de GES », conclue l’étude.