Greenpeace publie ce 16 mai un nouveau recensement des «fermes usines» montrant que 60 % des bovins, porcs et volailles de France se trouveraient dans des unités définies par l’ONG comme installations ICPE soumises à autorisation. «Entre l’enjeu démographique auquel l’élevage est confronté, la loi d’orientation et d'avenir (LOA) en France, et la directive européenne sur les émissions industrielles (IED), le moment est clé socialement et politiquement pour accélérer la transition», défend Suzanne Dalle, chargée de campagne agriculture. Parmi les demandes de Greenpeace: un moratoire sur les créations et extensions d’ICPE soumises à autorisations, ainsi qu’un système de quotas d’effectifs d’animaux pour déspécialiser les régions. Car les «fermes usines», rappelle l’ONG, restent un phénomène très lié au Grand Ouest: la Bretagne et les Pays-de-Loire accueillent respectivement 50% et 20% des 3000 ICPE soumises à autorisation. Faute de moyens, ces installations seraient insuffisamment contrôlées localement, et «les sanctions prononcées dans les mises en demeure ne sont pas appliquées», regrette Estelle Le Guern chez Eaux et Rivières de Bretagne. Tout en soulignant la taille de certains fermes aux États-Unis ou en Chine, le chercheur Jean-Louis Peyraud (Inrae), confirme que, dans les fermes françaises atteignant 1 million de poules ou 20 000 porcs, «le suivi du bien-être animal peut être difficile, avec des questions sur les effets environnementaux».
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