Alors qu’elles avaient été multipliées par quatre en dix ans, avant de plafonner en 2022 autour de 780 000 ha, les surfaces de grandes cultures bio devraient reculer en 2023, a annoncé le directeur des études d’Intercéréales, Bruno Barrier-Guillot, lors des 3es Rencontres grandes cultures, organisées le 7 novembre. L’interprofession s’est prononcée sur la base des données de conversion en bio et arrêts des huit premiers mois. Les baisses pourraient être plus importantes dans le sud de la France, où la part de surfaces bio est la plus forte, a prédit le directeur d’Agribio union (union de coopératives basée dans le Sud-Ouest), Stéphane Vanrenterghem: «On va avoir une France à deux vitesses.» Ce reflux fait écho à une baisse de la demande, notamment en alimentation animale (-18% de l’utilisation sur deux ans, en grandes cultures bio) et en meunerie (-15% en blé bio), ainsi qu'à des stocks importants (140 000 t de stock de blé bio attendues en juin 2024). «Il y a des stocks pléthoriques dans les silos, une part significative va être déclassée», prévoit Bruno Barrier-Guillot. La filière avait atteint un solde commercial équilibré en 2021, et vu les importations réduites à néant sur l’année 2023. A l'inverse, les exportations, inexistantes auparavant, ont décollé depuis 2020.
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