Parmi 20 scénarios d’évolution de la filière porcine à horizon 2050 présentés par l’Ifip aux Journées de la recherche porcine, le seul combinant objectifs environnementaux (en particulier les émissions de GES) et souveraineté est associé à une réduction de production de 28% et de la consommation de 20%. Ce scénario est l’un des plus coûteux en investissement dans des bonnes pratiques environnementales. Mais surtout, une telle réduction de la production «engendre une fragilisation importante de l’aval», selon Sandrine Espagnol, ingénieure environnement au pôle Techniques d’élevages de l’institut du porc, qui présentera ses travaux le 4 février. «Mettre en péril des abattoirs peut conduire à la disparition d’une filière régionale», explique-t-elle, en pointant «des effets de seuils». À l’inverse, un objectif de souveraineté basé sur la consommation actuelle aboutirait à des émissions nationales porcines qui excèdent de 45% les objectifs de la SNBC (Stratégie national bas carbone) pour les émissions de GES des élevages français et l'aliment produit en France, avec un coût encore plus élevé en bonnes pratiques environnementales. Dans son étude, l'Ifip a calculé sept indicateurs de durabilité, dont les émissions de polluants, les besoins en terres cultivées, l'azote valorisable, le coût des bonnes pratiques environnementales ou encore la couverture de la consommation.
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