Dans un rapport récemment publié, l'Inspection générale des Finances (IGF), service du ministère de l'Economie, a comparé l'Excédent brut d'exploitation (EBE) des entreprises du secteur de l'agriculture, de l'agro-industrie et de la distribution. Concrètement, en comparant le premier semestre 2019 (avant Covid-19 et inflation) et le premier semestre 2022. Verdict: cette rentabilité «se dégrade très légèrement» dans les supermarchés, «baisse significativement» dans l'industrie agro-alimentaire, et progresse dans l'agriculture, «principalement sous l'effet d'une hausse des prix de vente de la production». L'IGF a en outre évalué dans le détail l'évolution des marges de chaque acteur sur 12 produits stars de la consommation, par exemple le jambon cuit, le boeuf haché, l'escalope de poulet, le lait demi-écrémé, le yaourt nature, le beurre, le camembert, la baguette et les pâtes alimentaires. Pour huit de ces produits, «l'augmentation du prix des matières premières agricoles est très significativement supérieure à celle du prix de vente»: les différents acteurs ont diminué leurs marges pour ne pas vendre ces produits trop cher à des clients particulièrement sensibles à de très fortes hausses de prix en période d'inflation. Bercy en conclut que l'industrie «a comprimé ses marges» et que la grande distribution «n'a pas contribué à renchérir les prix à la consommation des produits alimentaires». Dit autrement, ni l'une ni l'autre n'augmente les prix pour soigner sa rentabilité, c'est même plutôt l'inverse.
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