Le chercheur Sébastien Abis (Iris), l'analyste Arthur Portier (Argus Média) et l’économiste Thierry Pouch (Chambres d'agriculture France) ont publié, en janvier, une étude explorant cinq scénarios pour l'avenir des entreprises semencières européennes en Russie et en Ukraine. Si la guerre entre les deux pays se poursuit, cela impliquerait «un inconfort stratégique grandissant pour les semenciers, faute de clarté sur les horizons politiques et diplomatiques». Priver la Russie de semences, dans le cadre de sanctions, pourrait signifier «accentuer l’insécurité des marchés céréaliers mondiaux», la Russie n’étant pas autonome. Si l'Ukraine perdait la guerre, la Russie pourrait pousser les semenciers, via des «conditions incitatives» à mener leur recherche et toute leur production sur le sol russe, en leur interdisant d’être présents en Ukraine. Une intégration de l’Ukraine dans l’UE «plus tôt que prévu» pourrait entraîner un arrêt de la présence des semenciers en Russie, avec perte de ressources humaines, logistiques, génétiques et de recherche. Un rapprochement de l’Ukraine et de la Russie ménagerait un avenir compliqué pour les semenciers européens dans ces pays avec la nécessité pour l’Europe de «revoir son modèle agricole». Enfin, les auteurs imaginent une Russie devenue indépendante des semences européennes, ayant réussi à «développer à domicile ses propres forces vives», catalysées par les sanctions européennes. (Anne Gilet)
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