La première pierre du pavillon français de l'Expo universelle Milan 2015 a été posée le 29 septembre. Mais tandis que les constructeurs s'affairent à Milan, en France, les organisateurs consultent des dizaines d'entreprises, fédérations, régions et comités interprofessionnels. Leur objectif : proposer des partenariats à ces acteurs afin qu'ils puissent présenter le savoir-faire français aux millions de visiteurs qui se présenteront à Mlan. « C'est une occasion inespérée de toucher le marché mondial », explique, enthousiaste, le commissaire général de la France, Alain Berger.
P AS moins de 25 millions de visiteurs sont attendus à l'exposition universelle de Milan en 2015, durant six mois, du 1er mai au 31 octobre. 144 pays seront présents. Alain Berger, le commissaire général de la France à cette exposition, y voit « une occasion inespérée de toucher le marché mondial ». De fait, à Milan, c'est le marché mondial qui sera au rendez-vous et pas seulement le marché italien. Alain Berger propose mille et une formes de partenariats, soit avec des entreprises individuellement (Danone est en discussions très avancées pour présenter ses eaux minérales et la gestion de leur territoire de captage), soit avec des fédérations professionnelles ou des interprofessions. Plusieurs régions françaises ont déjà topé. « L'offre est très ouverte, insiste Alain Berger, en fonction de leurs attentes et de leurs besoins, toutes les solutions sont possibles ».
Solutions sur mesure
Depuis les PME voulant présenter un savoir-faire spécifique, de qualité, produit régional ou d'appellation, jusqu'aux grandes entreprises industrielles, l'équipe du pavillon France veut proposer une solution sur mesure. « L'objectif est que la France, un des principaux producteurs et exportateurs de produits alimentaires, profite de l'événement pour exprimer ce qu'elle sait faire », explique Alain Berger. Pour celui-ci, c'est aussi l'occasion de faire croître un budget qui doit être à la hauteur de l'événement. La subvention publique est de 20 millions d'euros, à charge de l'étoffer de 10 millions supplémentaires par des partenariats. Mais surtout, il s'agit de présenter le savoir-faire français et d'être un outil de promotion pour les exportateurs. Un espace VIP est proposé pour des rencontres et réceptions, de nombreux rendez-vous et occasions de dégustations sont envisagés ; un restaurant de 300 couverts ainsi qu'une boutique, un café contemporain et un espace démonstration seront ouverts. L'exposition durant six mois, il sera possible d'avoir une présence de un jour ou de plus longue durée. Les animations ne manqueront pas. L'inauguration de l'ensemble de l'Expo aura lieu le 30 avril, celle du pavillon français le 1er mai. Le 21 juin (date de la Fête de la musique) ce sera au tour de la France d'animer l'ensemble de l'exposition.
La politique alimentaire française
L'occasion est également politique : avec les semenciers français (Gnis, UFS) ce sera aussi l'occasion de présenter le système européen de certificats d'obtention végétale, tandis que Monsanto, largement présent sans doute, défendra la brevetabilité de la génétique. Deux régions, Paca et Rhône Alpes (très probablement aussi l'Ile de France) seront représentées. La recherche y aura sa place : le CNRS, l'Inra, le Cirad, l'Irstea et Agreenium ont confirmé leur présence. De même que l'IRD et Ifremer. Egalement significative de la protection du consommateur sera la présence de l'Anses. Ubifrance mettra en pratique des possibilités de rendez-vous d'affaires, soit sur place, soit, au cœur de Milan, dans l'enceinte de Cité Expo. Le Crédit agricole devrait être du rendez-vous. Intercéréales gèrera une boulangerie sur place.
Les grands marchés présents
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Alain Berger et son équipe de 10 personnes, basés chez FranceAgriMer, vont voir actuellement les entreprises elles-mêmes. Si Danone est en discussion avancée, des groupes coopératifs sont consultés. À l'heure où l'embargo russe sur les produits européens pose des problèmes d'engorgement de certains marchés, une occasion de rencontrer le marché mondial n'est pas à négliger, explique Alain Berger. Les grands pays représentant les principaux marchés mondiaux seront présents. La Chine sera là en force avec quatre pavillons qui attendent un million de visiteurs, de même que les pays du Golfe, l'Amérique du Sud (Brésil, Argentine). « C'est un événement qui représente 26 fois un salon de l'agriculture de Paris, remarque Alain Berger. C'est la première fois qu'une exposition universelle est centrée sur la question de l'alimentation de la planète. Cela ne se reproduira pas de sitôt. »(HP)
3600 m2 de surface dont 2000 m2 de surface utile ;
1100 m2 scénographiés ;
1000 visiteurs attendus par heure ;
5000 délégations officielles attendues durant 184 jours ;
20 millions d'euros d'investissement public ;
30 millions d'€ de budget ;
7 ministères engagés.
Pays organisateur de l'exposition internationale, l'Italie effectue une grande campagne de promotion, non seulement de son pavillon, un impressionnant ensemble lui aussi, constitué de quatre bâtiments destinés à rester sur place, mais aussi de l'ensemble de ses salons de l'alimentation et de l'agriculture. Le bâtiment à lui seul aura coûté 40 millions d'euros auxquels s'ajoutent 5 millions d'€ de frais de fonctionnement. Le tout étant financé pour près de 60% par l'Etat, explique Marina Geri, directrice Marketing et commercial du pavillon.
Les Italiens présenteront les grandes facettes de leur production alimentaire, scandées de manière originale, chaque mois selon un thème associé à une réalité culturelle : pâtes et design en mai, pain et littérature en juin, fruits et art en juillet eau et sport en août vin et musique en septembre et huile et mode en octobre. Des « événements scientifiques » s'inscriront dans ces animations concernant la sécurité alimentaire, les territoires, la gestion durable, la coopération internationale, la conservation et la créativité, la technologie et l'innovation.
Selon Marina Geri, le pavillon a fait le plein de ses partenariats possibles et une longue file d'attente d'entreprises attendent de pouvoir s'y associer.