Une version provisoire de la Stratégie nationale nutrition climat (Snanc), dévoilée fin novembre, fixe vingt objectifs à atteindre d’ici 2030. Elle encourage notamment de modérer la consommation de viande et de « réduire la pression marketing » pour les produits non respectueux de l’environnement et de la santé.
Alors que la Stratégie nationale nutrition climat (Snanc) est toujours en pause, le média Contexte en a publié le 22 novembre une version de travail qui comprend en tout vingt objectifs, parmi lesquels celui de limiter la consommation de viande pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES). Et de rappeler que « près de 70 % de l’empreinte carbone de l’alimentation est liée à la production et à la consommation de viande ». Auprès d’Agra presse, le Réseau action climat (Rac) estime que l’objectif de faire évoluer les régimes alimentaires vers moins de viande, « bien qu’insuffisamment ambitieux, a tout de même le mérite d’être cohérent avec la littérature scientifique et les rapports du Giec ». De manière générale, le Réseau action climat (Rac) souligne que le document « va globalement dans le bon sens ». S’il se félicite que cette version provisoire affirme la nécessité de ne plus « faire peser l’essentiel de la responsabilité sur le consommateur et sur les agriculteurs », le réseau d'associations environnementales déplore néanmoins que la majorité des mesures présentées ne soient « qu’incitatives ».
Maintenir l'élevage extensif
Daté du mois d’avril et rédigé par le précédent gouvernement, le document fixe un objectif à horizon 2030 de « diversification des sources de protéines », de manière cohérente avec deux autres politiques gouvernementales. D’un côté, le PNNS (Plan national nutrition santé) fixe une limite de 500 g de viande rouge par adulte et par semaine ; de l’autre la SNBC (Stratégie nationale bas carbone), dont la version est en consultation, prévoit une baisse de consommation de 12 % en 2030. Les termes précis utilisés dans la Snanc ne sont toutefois pas arbitrés : il pourrait s’agir d’une « limitation de la consommation de viandes » ou d’une « consommation globale moindre de protéines animales ». À cette modération de la consommation de viande, le document de travail prévoit un report vers une viande « locale et de qualité », par exemple issue d’un élevage pâturant pour la viande bovine. « Le maintien de l’élevage extensif fournit de nombreux services écosystémiques, tels que la préservation de la biodiversité et la fertilité des sols, tout en assurant la préservation des stocks de carbone… », précise-t-il.
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Développer les principes d’agroécologie
Autre sujet sensible : le projet prévoit d’interdire les publicités et parrainages pour des produits alimentaires « de mauvaise qualité nutritionnelle et ayant un effet défavorable sur l’environnement autour des programmes jeunesse et pendant les heures où les jeunes sont les plus exposés dans une démarche de co-construction avec les parties prenantes » à l’horizon 2030. À noter que cette dernière mesure, comme l'ensemble du texte, est dans l’attente d’un arbitrage interministériel, et que la direction générale des médias et des industries culturelles se dit défavorable à une mesure d’interdiction.
Le document inclut également un objectif de « 12 % de consommation de produits bio en valeur et en moyenne pour la population sur l’ensemble des circuits de consommation». Mais aussi d’atteindre au moins 50 % de produits « durables et de qualité », dont au moins 20 % de produits bio, dans la restauration collective publique et privée tel que prévu par la loi Egalim, ou encore de généraliser les projets alimentaires territoriaux (PAT) labellisés niveau 2 sur 80 % du territoire, avec des critères renforcés sur les différentes dimensions de l’alimentation durable et favorable à la santé. Plus globalement, la version provisoire de la Snanc encourage le développement des pratiques agroécologiques et des systèmes agricoles s’appuyant sur les principes de l’agroécologie, comme l’agriculture biologique ou les systèmes extensifs.