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Betterave : nouvelle dérogation pour les néonicotinoïdes en 2022

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Un arrêté ré-autorise de façon temporaire des néonicotinoïdes pour la culture de betterave, conformément à la loi du 14 décembre 2020.

Les semences de betteraves sucrières traitées avec « les substances actives imidaclopride ou thiamethoxam sont autorisées pour une durée de 120 jours », selon le texte, publié le 1er février au Journal officiel. Une liste précise les cultures qui peuvent suivre dans la rotation. Il s’agit, l’année après la betterave traitée, notamment des céréales à paille ; en deuxième année, du maïs et de la pomme de terre ; en troisième année, du colza, de la luzerne, du pois, du tournesol, du sorgho.

La CGB (planteurs, FNSEA), qui y voit un « statu quo », regrette ces « fortes restrictions ». De telles contraintes vont « imposer à de nombreux agriculteurs des arbitrages sur leurs assolements qui conduiront soit à une réduction des surfaces de betteraves au profit d’autres cultures à plus forte valeur ajoutée, soit à un appauvrissement de la rotation des cultures de nature à impacter les équilibres d’autres filières et la disponibilité de ressources alimentaires pour les pollinisateurs », selon elle.

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Un sujet encore très controversé

L’annonce du 1er février, sur ce sujet très controversé des néonicotinoïdes, a suscité nombre de réactions en pleine campagne présidentielle, Christiane Taubira, Jean-Luc Mélenchon, ou encore Delphine Batho pour Yannick Jadot, dénonçant avec force la décision sur Twitter. Agir pour l’environnement va pour sa part déposer un recours en procédure d’urgence devant le Conseil d’État pour réclamer la suspension de l’arrêté, que son avocat Guillaume Tumerelle juge « en contravention évidente avec la réglementation européenne ». La juridiction administrative suprême avait déjà validé l’an dernier la première dérogation.

Le gouvernement, dans un communiqué, rappelle avoir lancé en 2020 un plan national de recherche et d’innovation (PNRI) de 7 M €, visant la fin des néonicotinoïdes en 2024. Des alternatives sont en cours d’expérimentation « dans les 500 ha de fermes-pilotes prévues par le programme de recherche auxquelles s’ajoutent, dès 2022, 250 ha de fermes de démonstration gérées par l’interprofession » pour des tests en conditions réelles. Dans le même temps, un dispositif de gestion des risques, appelé instrument de stabilisation des revenus (ISR), « sera expérimenté en 2022 avec un groupe pilote, en vue de le généraliser en 2024 ». Cet ISR permettra, « en cas de pertes de rendement dues au virus de la jaunisse, et si les alternatives aux néonicotinoïdes n’offrent pas une protection équivalente, de compenser une partie des pertes de revenus ». La filière betteravière s’est par ailleurs engagée à accélérer encore en 2022 la mise en place de bandes mellifères à destination des pollinisateurs pour atteindre, dès fin 2022, les 4 000 ha, ajoute le gouvernement.

La CGB regrette de « fortes restrictions » dans l’assolement