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Biotalys utilise les anticorps de lamas pour protéger les fruits et légumes

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Une infestation fongique dans une boîte de Pétri. Crédits : © Biotalys

La société belge Biotalys utilise une technologie pour produire des protéines, via la fermentation de précision, qui sont utilisées pour la protection des plantes en agriculture, comme alternative aux pesticides chimiques. 

Implantée à Gand, en Belgique, Biotalys développe une nouvelle génération de solutions de biocontrôle à base de protéines pour l’agriculture. La start-up est issue d’un spin off de l‘Institut flamand de biotechnologie en Flandres (Vlaams Instituut voor Biotechnologie ou VIB, ndlr), qui l’a cofondée en 2013 avec l’association des agriculteurs en Belgique et différents fonds familiaux et institutionnels. En 2021, Biotalys a levé 53 M€ lors de son introduction sur Euronext Bruxelles, puis 15 M€ en octobre dernier lors d’un placement privé portant sur environ 16,5% de son capital. 

« Biotalys utilise une technologie connue depuis plus de 20 ans en pharmacie pour développer des médicaments. Cette technologie utilise les anticorps des lamas, connus sous le nom de nanocorps. Ces animaux sont dotés d’un système immunitaire unique et très puissant, tout à fait différent de celui des autres animaux et des hommes également. L’institut de biotechnologie en Flandres a décidé de créer Biotalys avec l’objectif d’adapter ces technologies pour générer des protéines pour la protection des plantes en agriculture, comme alternative aux pesticides chimiques », explique Toon Musschoot, responsable des relations avec les investisseurs.

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En théorie, le procédé développé par Biotalys pourrait s’appliquer pour n’importe quelles maladies fongiques, mais la société a commencé à se pencher sur un produit de lutte contre le botrytis et le mildiou. Ce produit baptisé Evoca qui se présente sous forme de poudre à mélanger à de l’eau, a montré de bons résultats contre ces maladies pour les fruits et légumes à haute valeur que sont le raisin, la fraise, le concombre et la tomate.

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Une étape importante franchie en Europe

Biotalys a déposé des demandes d’autorisations de mise sur le marché (AMM) de ce produit en Europe et aux États-Unis en 2021. « Nous avons franchi une première étape importante en Europe en janvier 2025, en obtenant la recommandation favorable du CTGB, le conseil néerlandais pour l’autorisation des produits phytopharmaceutiques et des biocides, à la suite des essais à grande échelle. L’examen de notre dossier est désormais entre les mains de l’Efsa et nous pouvons espérer une approbation de notre premier produit en Europe début 2026, voire mi 2026, ajoute Toon Musschoot. Notre R&D travaille également sur d’autres maladies, notamment contre l’alternaria, toujours sur les fruits et légumes. Notre pipeline contient sept programmes de recherche pour lutter contre différents champignons et contre un insecte, pour lequel nous développons un projet commun avec le groupe mondial Syngenta. »

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Outre l’obtention des AMM en Europe et aux États-Unis pour ce premier produit, la priorité de Biotalys vise aujourd’hui à faire baisser les coûts de production, encore trop élevés. « Nos protéines sont produites via la fermentation de précision qui est encore coûteuse pour de grands volumes, nécessaires en agriculture, contrairement à la pharmacie qui utilise plutôt de petits volumes », souligne Toon Musschoot. La société y travaille avec des tiers auprès de qui ses produits sont manufacturés.