En congrès à Cournon (Puy-de-Dôme) les 4 et 5 février, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) a appuyé le plan élaboré avec Interbev dans le cadre des Conférences de la souveraineté. L’association spécialisée a aussi esquissé ses propositions pour la future Pac.
« Enrayer la décapitalisation, sécuriser les installations et l’engraissement » : c’est ce que vise le plan de souveraineté de la filière viande bovine, que la FNB (éleveurs, FNSEA) a souhaité « pousser » lors de son congrès, selon les mots de son président Patrick Bénézit. L’association spécialisée de la FNSEA s’est rassemblée à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme) les 4 et 5 février, en plein bassin allaitant. Quelques semaines auparavant, elle a participé à la construction au sein de l‘interprofession Interbev du plan promu par la filière dans le cadre des Conférences de la souveraineté, lancées par le gouvernement. Une feuille de route qui englobe de nombreux sujets : sanitaire, économie (contractualisation notamment), dématérialisation de l’identification des animaux, financement de l’installation, etc. Selon Patrick Bénézit, « la ministre s’est dite très attachée à faire aboutir le plan élevage », qui avait été lancé en 2024 par son prédécesseur Marc Fesneau et qui sert de base au nouveau plan.
Le congrès de la FNB a aussi été l’occasion d’esquisser des premières propositions pour la prochaine Pac (2028-2034). Alors que, dans la programmation actuelle, l’aide couplée aux bovins est attribuée à toutes les catégories d’animaux, le syndicat souhaite revenir à l’aide à la vache allaitante dans la prochaine Pac. Pour Patrick Bénézit, le critère actuel de distribution constitue « un signal politique désastreux ». « Les deux années où la décapitalisation a été la plus forte, c’est 2022 et 2023, les années où le choix français a été annoncé, puis appliqué », rappelle-t-il dans un entretien à Agra Presse.
« Renforcer le couplage » des aides animales
Avec ces aides attribuées à l’UGB (unité gros bovin), le ministre de l’Agriculture de l’époque, Julien Denormandie, souhaitait développer l’engraissement sur le sol français. Pour le président de la FNB, « l’engraissement doit être soutenu par des contrats qui garantissent les marges », tandis que les aides de la Pac doivent inciter à garder « les vaches qui font des veaux » pour relancer les naissances. M. Bénézit souhaite aussi que le cadre national « encourage les régions à aider les investissements en élevage ». La FNB milite enfin pour des « soutiens aux surfaces herbagères et fourragères et une ICHN attachée à l’animal », selon Réussir Bovins viande. Plus largement, les associations spécialisées d’éleveurs de ruminants de la FNSEA partagent une position commune : « renforcer le couplage des aides » dans la future Pac, pour les ovins, caprins et bovins (lait et viande).
Autre sujet qui a nourri les discussions : l’assurance des prairies, pour laquelle la FNB demande une « refonte totale » du système de recours. Depuis la réforme globale de la gestion des risques en 2023, l’évaluation des pertes sur prairies est réalisée par satellite. Or, l’indice utilisé est régulièrement critiqué par les éleveurs, qui déclarent souvent des pertes supérieures.
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Des précisions sur l’assurance des prairies
De concert avec les autres AS de ruminants de la FNSEA, la FNB souhaite un retour aux « expertises terrain » en cas de contestation de l’indice satellitaire. Un système jugé trop coûteux par les assureurs et l’État. « Une expertise individuelle, ferme par ferme, peut être quelque chose de bloquant », reconnaît le président de la FNB. « Mais on peut imaginer des expertises collectives à l’échelle de certains territoires. » Elles pourraient, selon lui, être couplées à l’utilisation de données d’autres sources (bilans fourragers réalisés par les chambres d’agriculture, réseau de fermes de référence).
Alors que la loi Duplomb a formalisé un dispositif de recours, « l’année 2025 a porté un coup de grâce au système », estime M. Bénézit. « Aucune instruction n’a été diffusée et aucun éleveur n’a eu accès au moindre recours de manière simple. » Et l’élu de poursuivre : « Cela fait des années qu’on nous promet que l’indice va être amélioré, mais nous n’y croyons plus du tout. Au congrès, toutes les régions ont exprimé leur colère. La coupe est pleine. » La FNB, qui est en train d’expertiser dans quel texte pourrait s’inscrire sa réforme, veut boucler ce dossier « avant la présidentielle ».
YG