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Bovins/DNC : la Bourgogne-Franche-Comté aux prises avec la maladie

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Après un premier foyer dans le Jura le 11 octobre – suivi de deux répliques –, la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a de nouveau été détectée dans l’Ain, presque deux mois après le dernier cas dans ce département. La France compte désormais cinq zones réglementées.

Un nouveau foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé le 14 octobre dans un élevage de 180 veaux à Neuville-les-Dames (Ain), a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 15 octobre. Une nouvelle zone réglementée – la cinquième en France – a été mise en place dans un rayon de 50 km autour du foyer ; elle recoupe en partie deux précédentes zones, celle autour des récents cas dans le Jura et la première en date dans les Savoies et l’Ain. Cette nouvelle zone sera soumise à des restrictions de mouvements d’animaux, et « une campagne de vaccination obligatoire sera mise en œuvre et prise en charge par l’État », précise le ministère. Le dernier cas dans l’Ain remontait au 6 septembre.

Également en région Bourgogne-France-Comté, le Jura fait face à la DNC, avec trois foyers détectés en quelques jours (11, 13 et 14 octobre) à Écleux, dans un secteur jusque-là épargné. Là aussi, l’arrivée de la maladie a conduit à la mise en place d’une nouvelle zone réglementée, a annoncé le 12 octobre le ministère de l’Agriculture. La détection du premier foyer dans un élevage de 93 bovins, « en dehors de la zone réglementée définie jusqu’alors, conduit à délimiter une nouvelle zone réglementée où une campagne de vaccination obligatoire et prise en charge par l’État, sera mise en œuvre », a expliqué le ministère dans un communiqué. La nouvelle zone réglementée (n°4) est définie dans un rayon de 50 km d’Écleux (nord-ouest du Jura), « couvrant une partie des départements du Jura, du Doubs, de Côte-d’Or, de la Haute-Saône et de la Saône-et-Loire », a indiqué le ministère. Elle regroupe quelque 350 000 animaux.

« Des inquiétudes sur les transports d’animaux »

« Ce foyer, situé dans une zone jusqu’alors indemne, illustre de nouveau l’importance de maintenir une vigilance accrue de l’état de santé des bovins, de mettre en œuvre des mesures de biosécurité et de veiller au respect des règles relatives aux mouvements d’animaux, dans un contexte où la situation sanitaire […] est encore évolutive », selon le communiqué de la Rue de Varenne.

De son côté, Kristel Gache, la directrice de GDS France (groupements de défense sanitaire), confie à Agra Presse avoir « des inquiétudes sur les transports d’animaux ». L’hypothèse est aussi sur la table pour tenter d’expliquer le foyer du 18 septembre dans le Rhône, à une centaine de kilomètres de la zone touchée auparavant. Affectant uniquement les bovins, la DNC est transmise par des mouches piqueuses hématophages (taons et stomoxes). Des transports mal sécurisés – voire illégaux – peuvent convoyer la maladie sur de grandes distances, via des animaux malades, des animaux indemnes porteurs des vecteurs (y compris s’ils sont non sensibles, comme des chevaux), ou encore les vecteurs eux-mêmes. Par leurs propres moyens, les insectes en question peuvent progresser seulement « d’environ 5 km par semaine », rappelle Gilles Salvat, directeur général délégué Recherche et référence de l’Anses, auprès d’Agra Presse.

Vers un repeuplement partiel et progressif

Depuis l’apparition de la maladie en France, fin juin en Savoie, 83 foyers ont été confirmés, dans 51 élevages, selon le ministère. L’Hexagone compte désormais cinq zones réglementées : la première instaurée cet été dans les Savoies et l’Ain ; la seconde en septembre dans les monts du Lyonnais (Rhône et Loire) ; une troisième dans les Pyrénées-Orientales, à la suite de plusieurs foyers en Espagne ; et enfin les deux nouvelles zones dans le Jura et l’Ain. Des cartes sont disponibles sur les sites internet des Draaf de Bourgogne-Franche-Comté, d’Auvergne-Rhône-Alpes et d’Occitanie. De l’autre côté des Pyrénées, l’Espagne dénombrait cinq foyers au 14 octobre, tous dans la même zone de Catalogne. « La vaccination a débuté dans la province de Gérone », précise la plateforme française ESA dans son bulletin hebdomadaire. En Sardaigne, où la maladie a fait son retour dans l’UE en juin, « les détections se poursuivent », avec un total de 71 foyers.

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Dans une partie de la première zone de l’Ain et des Savoies, le repeuplement pourrait commencer le 22 octobre en l’absence de nouveau foyer, indique Cédric Laboret, président de la chambre d’agriculture Savoie Mont-blanc, à Agra Presse le 13 octobre. Environ 1 700 bovins ont été abattus dans les 78 foyers de la zone (dans 46 élevages), et leur remplacement sera progressif, voire partiel. Rien ne garantit que tous les éleveurs touchés remettront en place l’intégralité de leur cheptel. Ceux qui remettront des animaux le feront probablement « en deux ou trois fois », précise M. Laboret, afin de lisser cette importante charge de travail.

Indemnisations sanitaires et prêts relais

Les organisations professionnelles ont mis en place une « organisation collective » afin de préparer le repeuplement. Dans ce cadre, les besoins en animaux et l’offre disponible dans les départements alentour ont été recensés. Mais les récents foyers dans le Jura, jusque-là indemne, privent les éleveurs savoyards d’une partie des animaux prévus. Et le nouveau cas de l’Ain risque de compliquer les mouvements d’animaux.

Autre axe majeur : les animaux entrants devront être « les plus sains possible » et présenter un « pass sanitaire » qui portera sur la DNC, mais aussi sur d’autres maladies (FCO, MHE, besnoitiose, BVD, fièvre Q). Un dispositif qui devrait « permettre d’éviter la spéculation », espère M. Laboret. Le repeuplement dépendra aussi du versement des indemnisations sanitaires aux élevages foyers. « Deux premiers dossiers-tests ont été déposés la semaine dernière » (du 29 septembre), indique Cédric Laboret. Dans l’intervalle, « le Crédit agricole et le Crédit mutuel proposent des prêts relais à taux zéro pendant un an », précise l’élu consulaire.

YG

Vaccination obligatoire dans les deux nouvelles zones réglementées

Sans nouveau cas, le repeuplement pourrait commencer le 22 octobre dans les Savoies