Les ministres des Affaires européennes se sont montrés une nouvelle fois divisés, lors de leur réunion du 26 mai à Bruxelles, concernant le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034. Deux camps en particulier continuent de s’opposer : d’un côté le groupe des pays dits « frugaux » – constitué de pays contributeurs nets au budget de l’UE issus du nord de l’Europe – et, de l’autre, les autoproclamés «Amis de la Cohésion » et accessoirement de la Pac regroupant des pays d’Europe centrale et orientale mais aussi du sud de l’UE. Ces derniers ont adopté la veille une déclaration commune signée par seize délégations emmenées par la Roumanie (Espagne, Italie, Pologne…) dans laquelle elles déplorent que « dans la proposition de la Commission, la politique de Cohésion, les politiques agricoles et de la pêche sont les seules à subir des réductions en termes réels, malgré l’augmentation globale de la taille du nouveau CFP».
Neuf États membres contributeurs nets au budget (Suède, Danemark, Finlande, Autriche, Pays-Bas, Allemagne, France, Irlande et Belgique) se sont, eux, réunis pour un petit déjeuner le 26 mai. L’Allemagne notamment a plaidé pour un budget restreint focalisé sur les nouvelles priorités comme la défense et la compétitivité. La France, la Belgique ou l’Irlande se trouvent dans une position intermédiaire, plaidant pour le maintien du budget alloué à la Pac. Dans ce contexte, la présidence chypriote du Conseil de l’UE prévoit de présenter le 10 juin un premier projet de cadre pour les négociations budgétaires à venir (appelé « négo box »). L’objectif très ambitieux fixé par les négociateurs est de parvenir à un accord sur ce dossier d’ici la fin de l’année alors que des échéances électorales importantes sont prévues en 2027 dans plusieurs grands États membres, dont la France.