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Carbone : la séquestration dans les sols agricoles est faible, selon l’Agence européenne de l’environnement

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L’Agence européenne de l’environnement (AEE) a publié, le 27 avril, une étude pour tenter de classifier les habitats terrestres et marins en Europe en fonction de leurs stocks de carbone et de leurs capacités de séquestration. Et parmi les écosystèmes terrestres, ce sont les forêts, sans surprise, qui présentent les taux de piégeage du carbone les plus élevés et atteignent jusqu’à trois fois ceux des zones humides et des terres agricoles, selon l’AEE. Les taux de piégeage relativement élevés des terres utilisées pour l’agriculture sont essentiellement récoltés et ne contribuent donc que faiblement au stockage du carbone dans la nature, souligne ce travail. Quant aux zones humides, elles ont des taux de piégeage du carbone relativement faibles, mais peuvent accumuler du carbone pendant des décennies, voire des siècles, ce qui explique leur très grande capacité de stockage, qui dépasse en moyenne celle de tous les autres habitats.

L’Agence européenne souligne que les incertitudes liées aux estimations quantitatives du stockage et de la séquestration du carbone dans de nombreux écosystèmes restent néanmoins élevées, ce qui rend difficile la quantification de l’impact de la restauration de la nature sur les politiques d’atténuation du changement climatique en Europe. La Commission européenne est en train de mener une évaluation d’impact en vue de proposer pour la fin d’année un futur cadre de certification des absorptions de carbone dans les sols agricoles.

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L’AEE admet que le stockage du carbone des terres agricoles peut être amélioré grâce à des pratiques de gestion visant à augmenter la teneur en carbone organique des sols. Mais elle prévient que les mesures « devront être examinées avec soin afin de s’assurer que la politique et les actions d’atténuation du changement climatique, telles que l’expansion de la production de biocarburants, n’entraîneront pas de perte de biodiversité et n’affecteront donc pas inutilement les objectifs de conservation et de restauration ». Elle rappelle aussi que pour les landes et les prairies semi-naturelles, les mesures visant à accroître le stockage du carbone réduiraient leur grande valeur pour la biodiversité, entraînant de nouvelles pertes de richesse.