Trois personnes comparaîtront le 19 juin devant le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne pour traite d’êtres humains, soupçonnées d’avoir exploité et hébergé dans des conditions indignes une cinquantaine de travailleurs, majoritairement étrangers, lors des vendanges 2023, selon l’AFP le 16 juin. La dirigeante d’Anavim, une société de prestations viticoles, est par ailleurs poursuivie pour travail dissimulé, emploi d’étrangers sans autorisation de travail salarié, « soumission de personnes vulnérables ou dépendantes à des conditions d’hébergement indignes » et avec une « rétribution inexistante ou insuffisante ». Deux hommes soupçonnés d’avoir participé au recrutement des vendangeurs sont aussi poursuivis, tout comme Anavim et une coopérative viticole de la Marne, en tant que personnes morales.
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En septembre 2023, la préfecture de la Marne avait ordonné la fermeture d’un hébergement collectif mis à disposition par Anavim à Nesle-le-Repons, en raison de conditions de vie jugées « insalubres » et « indignes ». Me Maxime Cessieux, avocat des victimes, a appelé les maisons de champagne à être « intransigeantes sur les conditions dans lesquelles sont ramassés leurs raisins ». Même son de cloche chez José Blanco, de la CGT, partie civile, pour qui « les conditions d’hébergement et de rémunération des travailleurs saisonniers doivent être inscrites dans le cahier des charges de l’AOC Champagne » et la récolte déclassée en cas d’infraction. Pour la première fois dans un procès sur le sujet, le Comité Champagne est aussi partie civile. Le procès, initialement prévu en mars, avait été renvoyé à la demande de la défense.