Une zone de non-traitement (ZNT) d’une distance de 10 mètres ferait perdre 44 M€ de chiffre d’affaires par an au vignoble champenois, a indiqué le Syndicat des vignerons de la Champagne (SGV), lors d’une journée organisée par la Confédération nationale des AOC viticoles, près de Reims le 16 septembre. Le SGV a fait un point à cette occasion sur les difficultés de commercialisation du champagne.
Le SGV a diffusé, lors de la journée annuelle « vendanges » de la Cnaoc, qui s’est tenue cette année près de Reims, des chiffres sur les pertes qu’entraînerait une ZNT de 10 mètres dans les vignes de Champagne. Cette bande de terre non traitée amputerait le vignoble de 800 hectares déjà plantés en vignes et compromettrait la plantation de 200 hectares de vignes en potentiel, selon le SGV. Outre cette perte de chiffre d’affaires, la non-culture de ces vignes représenterait une perte foncière d’un milliard d’euros, selon le SGV.
Des solutions existent mais pas pour tout de suite
Le syndicat estime que des solutions existent pour éviter de traiter les vignes avec des fongicides. En effet, des vignes des programmes de recherche Resdur 1, Resdur 2 et Resdur 3 menés par l’Inra sur les cépages résistants au mildiou et à l’oïdium devraient sortir, mais seulement dans quelques années. Au total, la généralisation de ces cépages pour couvrir les ZNT ne serait prête que dans six à sept ans, selon Maxime Toubart, président du SGV. De même, « il a été prouvé que les haies d’arbustes protègent bien » les habitations des émissions de molécules, mais « elles ne pousseront pas tout d’un coup ». En attendant la mise au point des solutions, « la ZNT est de fait une friche ». « Le pas de temps technique est plus long que le pas de temps politico-médiatique », a résumé le président du syndicat.
La commercialisation du champagne dans une phase difficile
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La commercialisation du champagne est dans une phase difficile, s’est inquiété par ailleurs le SGV. « Le vignoble champenois n’a écoulé que 302 millions de bouteilles en 2018 et nous risquons de passer sous la barre des 300 millions, alors que nous commercialisions 339 millions de bouteilles en 2007 », a alerté Clotilde Chauvet, viticultrice à Rilly-la-Montagne, près de Reims. « C’est particulièrement dur sur le marché français, sur lequel nous souffrons d’une image vieillissante », a-t-elle précisé. Quant à l’exportation, la perspective du Brexit et l’exacerbation de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine « nous préoccupent » pour la stabilité de l’exportation, qui jusque-là soutient le marché, même si les effets de ce conflit sont indirects pour le champagne, a ajouté Maxime Toubart.
Sur le marché français, la profession souhaite réorienter son positionnement : il faudrait que l’ouverture d’une bouteille de champagne ne soit pas réservée qu’aux moments rares, sans pour autant devenir banale.
« Le pas de temps technique est plus long que le pas de temps politico-médiatique »