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Champagne : vers une récolte en retrait

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La Comité Champagne a fixé le rendement commercialisation à 10 000kg/ha, en recul par rapport à l’an passé, en raison d’un contexte commercial moins porteur et d’un potentiel de récolte amoindri par la météo.

Les vignerons et maisons de Champagne ont décidé de fixer à 10 000 kilos par hectare le rendement commercialisable de la vendange 2024, un niveau moindre que pour la précédente vendange pour tenir compte de la baisse des ventes. En 2023, le rendement commercialisable avait été fixé à 11 400 kilos par hectare. Les expéditions de la Champagne au premier semestre 2024 « représentent 106,7 millions de bouteilles, soit -15,2 % comparé à la même période de 2023 », indique le communiqué du Comité Champagne le 21 juillet. Cette baisse s’explique par « la morosité de la conjoncture géopolitique et économique mondiale, ainsi que [par] l’inflation généralisée », selon David Chatillon, coprésident du Comité Champagne.

La Champagne « continue de subir par ailleurs les conséquences du surstockage des distributeurs en 2021 et 2022 », a-t-il ajouté. Par ailleurs, depuis le début de l’année, avec la pluie, le « manque d’ensoleillement » et « un début de période végétative marqué par la fraîcheur », l’ensemble du vignoble subit « une pression du mildiou forte mais maîtrisée », a indiqué le Comité Champagne. Les gelées de printemps et la grêle ont affecté « modérément le potentiel de récolte (de l’ordre de 10 %) » et la vigne montre un retard de développement « de 5 à 6 jours » sur la moyenne décennale.

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Vranken-Pommery recule

Un constat confirmé le même jour chez Vranken-Pommery, l’une des grandes maisons productrices de la prestigieuse boisson. Les conditions climatiques « particulièrement défavorables depuis le début de l’année » augurent un rendement « limité » des vignes de l’appellation champagne, rapportait la maison, le 18 juillet. « En Champagne, les conditions climatiques ont été particulièrement défavorables depuis le début de l’année : gelées de printemps, coulure et millerandage au moment de la fleur et pression mildiou très importantes liées aux forts cumuls de précipitations », relève l’entreprise dans un communiqué. « Ces événements climatiques vont nécessairement limiter le rendement de la vendange 2024 », ajoute-t-elle.

Le raisin vendangé en septembre sera vendu sous forme de champagne d’ici quelques années. Mais Vranken-Pommery a déjà « pris la décision de procéder à des arbitrages vers une distribution plus sélective », autrement dit de resserrer son offre au profit de ses « grandes marques », plus rentables. Le groupe annonce que ses ventes de champagne ont reculé de 6,7 % au premier semestre 2024, à 94 millions d’euros. L’entreprise figure dans le top 5 des grandes maisons de champagne, derrière le leader incontesté LVMH (Moët & Chandon, Ruinart, Veuve Clicquot…) et au côté de Laurent Perrier, Lanson BCC et Terroirs et Vignerons de Champagne (TEVC).

Les expéditions de champagne ont baisse de 15 % au premier semestre