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Bordeaux CIVB : un plan pour redresser la situation

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Lors de sa dernière assemblée générale le 19 juillet, le Comité interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a présenté un plan nommé « Bordeaux demain » pour redresser la situation économique de la filière. A cette occasion, un nouveau président a été élu.

La filière vitivinicole bordelaise a souffert ces dernières années d’une baisse des prix en grande distribution – y compris sur des marchés comme les Pays-Bas ou l’Allemagne – et d’une baisse des ventes en restauration. Ses parts de marché ont reculé en France et à l’exportation. La « marque » Bordeaux elle-même « s’abîme » selon l’interprofession. De nombreux opérateurs sont en situation précaire. Les raisons évoquées par le CIVB ne sont pas seulement la baisse des cours ou le poids des stocks mais encore une « impasse » des modèles « de production et de vinification », des problèmes de transmission d’exploitations, des produits qui ne sont pas en phase avec les attentes des consommateurs et des soutiens bancaires incertains.
Le CIVB, malgré ce constat, croit aux opportunités du marché actuel et a dressé un plan pour permettre à la filière, d’ici 5 à 8 ans, de « réaliser un chiffre d’affaires de 4,6 milliards d’euros et commercialiser 6,3 millions d’hl », en développant ses ventes notamment en Chine, Etats-Unis et Royaume-Uni. Une des conditions pour y parvenir est de resserrer la gamme autour de trois segments et de supprimer les vins dont les « niveaux de qualité » ne sont pas « cohérents avec l’image de la marque », selon le CIVB. A moyen-long terme, le volume des vins basiques bordelais devra reculer.

Des mesures structurelles et conjoncturelles

Les mesures du plan prévoient principalement d’« aider à la reconversion des exploitations non viables », de « favoriser les regroupements de coopératives », d’aider les sociétés de négoce à adopter d’autres modèles et de favoriser la transmission du foncier pour les jeunes qui veulent s’installer.
Au niveau commercial, le CIVB envisage de « réorganiser la mise en marché du vrac » pour limiter la volatilité des prix, de « généraliser les partenariats avec les grands clients (GMS et CHR) », de favoriser une consommation responsable et de développer l’œnotourisme.
Ce plan comporte également des mesures transversales qui s’attaquent au fonctionnement global de la filière : une meilleure régulation du marché, le désinvestissement des projets qui ne sont plus stratégiques, l’optimisation des relations entre acteurs de la filière, une meilleure gestion des emplois et compétences pour faire face aux besoins, une autre politique de communication et enfin un nouveau mode de pilotage. Des mesures d’urgence complètent ce dispositif. En tête, la mise en place d’un accord interprofessionnel sur le contrôle qualité des opérateurs pratiquant des prix anormalement bas. Des audits seront réalisés dans les entreprises en difficulté. La pratique de la vente et de l’achat de raisin sera développée. Un système de portage foncier pour faciliter la cession des exploitations sera mis en place.
Ce plan sera déployé à partir de « plans d’actions détaillées », précise le CIVB qui annonce « un point bimestriel ».

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