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Comment Ramdam Social veut concilier rentabilité et lutte contre la précarité

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La marque parie sur des emballages très originaux. Crédits : © Ramdam Social

La start-up bordelaise Ramdam Social lancée début 2024 s’engage à reverser un pourcentage de ses ventes à des organisations luttant contre la précarité sociale. Mais tout en visant un objectif de rentabilité à court terme. Luc-Olivier Pieret, cofondateur, explique comment il compte atteindre ces objectifs.

Financer des actions caritatives luttant contre la pauvreté et dégager des bénéfices rapidement. C’est l’équation complexe que veulent résoudre  Luc-Olivier Pieret (ex-directeur commercial chez Bel et Too Good To Go) et Julie Boureau (ex-directrice marketing d’Innocent et Happyvore) avec leur marque de produits destinés à la grande distribution nommée Ramdam Social. Un concept qui est parvenu à convaincre des investisseurs puisque début 2024 Ramdam Social a mobilisé 1,3 M€ en capital et dette, une opération rendue publique seulement en octobre 2024. Le fonds Asterion a mené l’opération avec la participation de business angels.

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« Avec Julie Boureau, nous avons créé le projet Ramdam Social il y a deux ans et demi et sommes parvenus à lancer commercialement les premiers produits début 2024, avec l’idée que chaque produit vendu puisse soutenir une action concrète contre la précarité », explique Luc-Olivier Pieret. Chaque emballage mentionne clairement l’action sociale que permet sa vente. « Par exemple, sur un plat cuisiné en doypack, il est indiqué que sa vente permet de financer deux portions de fruits et légumes, soit environ 300 gr », poursuit le cofondateur. 

Pour lui, la transparence est un enjeu « essentiel » qui permet d’impliquer le consommateur. La même idée conduit à indiquer quel est le partenaire industriel qui fabrique le produit pour Ramdam Social. Et vis-à-vis des associations bénéficiaires (Secours populaire, Samu social, Banques alimentaires, etc.), une communication régulière est mise en place afin de les informer sur les ventes de chaque produit et calculer le versement qui leur revient.

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7 à 12% des ventes reversées aux associations

« Nous reversons entre 7 et 12% de nos ventes aux associations », souligne Luc-Olivier Pieret. Un montant élevé qui pose la question du modèle économique. Pour équilibrer le modèle d’affaires et dégager une rentabilité, Ramdam Social entend jouer sur trois leviers. « Nous agissons sur notre marge en limitant au maximum la R&D pour nous concentrer exclusivement sur des produits très bien identifiés par les consommateurs, en étant attentifs aux coûts logistiques en ne livrant que les centrales et pas les magasins, et en privilégiant la communication dans les points de ventes avec des dégustation et un packaging très original », détaille Luc-Olivier Pieret. 

Dans les faits, les 15 produits (dont 9 produits alimentaires) proposés actuellement sont bien connus : des cookies, des chips, des sablés sucrés et salés, des plats cuisinés, etc. Quant au prix public, la marque estime se positionner à un niveau identique aux produits de marques nationales présentant les mêmes caractéristiques : 2,20 € pour un paquet de chips de 125 gr, ou 2,70 € pour un plat cuisiné en doypack.

D’ici trois ans, Ramdam Social compte proposer 45 produits alimentaires et non alimentaires, et élargir sa diffusion. Le projet est appuyé par Carrefour qui s’est engagé à proposer les produits dans ses points de vente. Aujourd’hui, 1000 magasins proposent la marque : des Carrefour surtout, mais aussi des centres E. Leclerc du Sud-Ouest, des Franprix, des Monoprix et des e-shops comme La Tournée ou Houra. Des discussions ont lieu avec Intermarché, Système U et Auchan. Sans communiquer de chiffre d’affaires, Ramdam Social indique avoir déjà financé 350 000 repas sur ses 9 premiers mois d’activité et viser les 2,5 millions de repas en 2025. La société prévoit de vendre 450 000 produits en 2024 et d'arriver à 3 millions en 2025.

Le développement soutenu de Ramdam Social l’amène à lancer actuellement une nouvelle levée de fonds dont la finalisation est prévue au 1er trimestre 2025. Car l’ambition de la start-up est de parvenir à équilibrer ses comptes dès l’exercice 2025. Et Ramdam Social compte même lancer son internationalisation fin 2025 ou début 2026.