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Comptes de l’agriculture 2016 : une chute plus rude dans le Nord

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La valeur de la production agricole (hors subventions) a baissé plus violemment dans les régions septentrionales que dans les régions méridionales ; les régions du Sud ont bénéficié de conditions météorologiques plus favorables en vin et grandes cultures, et de marchés favorables sur les fruits et légumes. Et le gradient nord-sud a été accentué par la poursuite de la convergence des aides directes et la montée en puissance du paiement redistributif.

Lorsque l’on observe l’évolution par région des productions et des subventions de la ferme France entre 2015 et 2016, un gradient nord-sud se dessine en défaveur des régions du nord de la France, qui ont plus fortement chuté que leurs voisines du sud. D’abord il faut noter que la valeur des productions a diminué partout en France à l’exception notable de la région PACA et de la Corse. Les baisses de production sont plus élevées dans les régions septentrionales (voir graphique). Ce sont d’abord les conditions météorologiques qui sont à l’origine de ce gradient. Les régions à dominante grandes cultures de la moitié nord de la France (Île-de-France, Hauts-de-France, Centre-Val de Loire et Bourgogne-Franche Comté) ont été fortement touchées par les très mauvaises récoltes de l’été, rappelle le rapport de l’Insee.

De même, dans la filière viticole, la production a diminué en valeur dans les régions septentrionales, à l’exception des vins d’appellation alsaciens, alors que dans les territoires méridionaux, les volumes et les prix progressent fortement. De plus, le sud de la France compte des régions spécialistes des fruits et légumes (PACA, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine) qui ont connu des conditions météorologiques et des marchés favorables en 2016.

Poursuite de la convergence et paiement redistributif

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En plus de ces différences de production et de marché, les subventions ont elles aussi évolué en faveur des régions du Sud. La poursuite de la convergence des aides directes, amorcée en 2015, et la hausse de l’enveloppe allouée au paiement redistributif (qui passe de 5 à 10 %) ont fait évoluer les subventions en faveur des régions méridionales (voir graphique). Si bien que « les régions à dominante céréalière de la moitié Nord et Nord-Ouest de la France voient leurs subventions reculer au profit des régions plus méridionales (Paca, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine) », note le rapport.

En revanche, les mauvais résultats de certaines productions animales, présentés par l’Insee, ne sont pas marqués par un gradient nord-sud. Les régions spécialisées sont situées aussi bien au nord qu’au sud : la Bretagne, l’Auvergne-Rhône-Alpes, les Pays de Loire, et la Nouvelle Aquitaine. Les déboires des filières laitières et avicoles n’ont donc pas contribué à renforcer le gradient nord-sud.