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Conseil Agriculture : un œil sur les marchés l’autre sur la simplification

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Réunis à Bruxelles le 18 novembre, les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept auront un échange avec la Commission européenne sur la situation des marchés agricoles et la nécessité de mesures de gestion des crises plus souples. Plusieurs États membres formuleront également de nouvelles demandes de simplification de la Pac (notamment sur la gestion des fonds de développement rural).

Les ministres de l’Agriculture de l’UE se retrouvent le 18 novembre à Bruxelles pour un Conseil principalement consacré à la situation des marchés. Après une série de discussions entre experts organisées par la présidence hongroise depuis le mois de juillet sur les principaux secteurs (lait, porc et volaille, bovins, ovin et caprin, céréales, oléagineux et sucre, vin, fruit et légumes, apiculture, olive), est venu le temps de faire le point. Hormis quelques besoins spécifiques, le constat des États membres est sensiblement le même pour chacune des productions : bien que les mesures de soutien de la Pac soient jugées efficaces, la fréquence et la complexité croissantes des crises (climatiques, sanitaires, économiques…) nécessitent des mécanismes de gestion des risques plus flexibles.

La Commission européenne voit pourtant plusieurs signaux d’un retour à la normale après des mois de perturbations : l’inflation alimentaire s’est stabilisée autour de 2 % et ne devrait pas augmenter ; les niveaux de prix sont conformes aux moyennes historiques ; les marges des producteurs s’améliorent ; et les intrants deviennent plus abordables. Des inquiétudes subsistent, toutefois, dans les secteurs des fruits et légumes et des céréales. La production céréalière a atteint son plus bas niveau de production depuis 2007 en raison des conditions météorologiques défavorables et d’une baisse des surfaces allouées. Pour les fruits et légumes, ce sont aussi les événements météorologiques défavorables qui affectent le secteur en particulier la production de pommes.

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« Les conditions météorologiques défavorables deviennent l’un des principaux défis de l’agriculture », a confirmé Bruxelles lors d’une discussion avec les experts nationaux du Comité spécial agriculture (CSA) le 11 novembre. Il est important de trouver des solutions à long terme, de renforcer la compétitivité, la durabilité et la résilience du secteur agricole et des systèmes alimentaires, afin de devenir plus résistants face au changement climatique. Les maladies animales sont également une source de préoccupation, par exemple le virus de la fièvre catarrhale. Dans le secteur du vin, c’est la diminution de la consommation qui constitue le principal défi. Le groupe de haut niveau sur l’avenir du secteur vitivinicole (qui s’est réuni deux fois jusqu’à présent, et devait le faire de nouveau le 15 novembre) présentera un projet de recommandations finales sur la manière d’ajuster le potentiel de production à l’évolution de la demande et d’exploiter les opportunités du marché au mois de décembre. Enfin, sur le volet du commerce international, Bruxelles surveille de près la série d’enquêtes antidumping et antisubventions lancée par la Chine. La Bulgarie, informera également le Conseil sur les importations de miel en provenance d’Ukraine qui déstabilise son marché.

Et toujours la simplification

Outre, cet habituel tour d’horizon des marchés, les Vingt-sept exploreront aussi plusieurs simplifications administratives possibles. L’Espagne (avec le soutien d’une douzaine de délégations) va demander à la Commission européenne de revenir sur la règle N + 2 afin de faciliter la mise en œuvre des interventions du fonds du développement rural dans le cadre des plans stratégiques de la Pac. Madrid souhaite que la règle N + 3, qui s’appliquait jusqu’alors, soit prolongée pour les plans stratégiques 2023-2027 afin d’alléger pour les administrations la complexité du nouveau système de mise en œuvre. La Lituanie appellera, pour sa part, Bruxelles à introduire des flexibilités dans le dispositif de remboursement des coûts au titre du second pilier. Enfin, l’Allemagne va questionner, une nouvelle fois, la Commission sur sa stratégie en matière de protéines végétales.

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