La demande du marché de l’alimentation animale de l’UE pour 2025, d’environ 30 millions de tonnes de tourteaux de soja, ne peut pas être satisfaite avec des produits conformes à la nouvelle réglementation sur la déforestation importée, s’inquiète la Fédération européenne des fabricants d’alimentation animale (Fefac) qui a publié, le 10 septembre, les résultats d’une enquête menée auprès de ses adhérents. Les industriels européens mais aussi plusieurs États membres poussent depuis des mois pour le report d’une année au moins de l’entrée en vigueur des nouvelles obligations de cette législation qui doit pleinement s’appliquer le 30 décembre. Elle prévoit d’interdire l’importation d’huile de palme, de viande bovine, de soja, de café, de cacao, de bois et de caoutchouc ainsi que de plusieurs de leurs produits dérivés s’ils sont issus de terres ayant été déboisées. Mais « en raison de l’absence de directives opérationnelles claires adressées aux producteurs de soja », la Fefac s’inquiète de conséquences économiques importantes alors que la disponibilité en produits à base de soja certifiés sans déforestation est suffisante pour couvrir les besoins du marché de l’UE.
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L’organisation professionnelle estime entre 5 à 10 % (soit 750 millions d’euros à 1,5 milliard d’euros) les coûts supplémentaires pour la fourniture de tourteaux de soja conformes à la législation européenne. Et cette hausse entraînera également des coûts plus élevés pour les protéines alternatives qui sont « indexées » sur les cotations de tourteaux de soja, ajoute-t-elle.
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La Fefac classe également les possibles perturbations en fonction de l’origine des produits depuis l’Amérique du Nord (États-Unis et Canada) qui présente un risque faible, jusqu’à l’Afrique de l’Ouest l’Inde ou la Chine (pour les spécialités comme les produits à base de soja non OGM et biologiques) à risque élevé, en passant par l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Ukraine mais aussi l’UE à risque moyen.