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DNC : tensions dans le Doubs autour de l’abattage total

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Les forces de l’ordre sont intervenues le 2 décembre pour permettre l’abattage des bovins du premier foyer détecté dans le Doubs, confirmé quelques jours plus tôt. Les 82 animaux du Gaec de Pouilley-Français étaient tous vaccinés, rappellent la Coordination rurale et la Confédération paysanne, à l’origine de la mobilisation.

Le Doubs a connu son premier foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et, avec lui, ses premières tensions autour de l’abattage total. D’après la presse locale, les forces de l’ordre sont intervenues le 2 décembre à Pouilley-Français (Doubs) pour disperser des manifestants qui tentaient d’empêcher l’abattage de tous les bovins de l’élevage infecté. À l’appel de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale, « 200 à 300 personnes » étaient présentes au Gaec de Pouilley-Français (« plus de 500 », selon la Conf’), pour certaines « dès le lundi soir » (1er décembre), rapporte Ici (ex-France bleu). La particularité qui a pu expliquer cette mobilisation massive ? Les animaux étaient tous vaccinés depuis plus de 30 jours.

Comme le rapporte le média public, « aux alentours de 11h15, les manifestants ont été évacués et poussés du site à l’aide de boucliers et gaz lacrymogènes ». D’après Ici, 175 gendarmes ont été déployés et « des barrages de police ont été mis en place ». Et de préciser que, « après quelques face-à-face, deux personnes ont été placées en garde à vue pour "violence avec arme" et "refus d’obtempérer par conducteur d’un véhicule" ». À l’annonce de la manifestation le 1er décembre, le préfet du Doubs avait pris un arrêté pour interdire le rassemblement et la circulation d’engins agricoles dans la commune et aux alentours.

La Conf' dénonce « un sommet d’indignité »

« C’est la première fois depuis le début de la crise de la DNC qu’ordre est donné à la police d’intervenir », note la Confédération paysanne dans un communiqué le 2 décembre. Et le syndicat de dénoncer une « situation scandaleuse » et « un sommet d’indignité ». De son côté, Christian Convers (Coordination rurale) pointe dans un message vidéo sur X « une violence disproportionnée » et menace : « La prochaine fois, on répondra avec les mêmes moyens disproportionnés. » Les syndicats minoritaires ont déposé un référé-liberté contre la décision d’abattage total. Selon L’Est républicain, le tribunal de Besançon a rejeté le recours le jour même de la manifestation.

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Quant à la ministre de l’Agriculture, elle a mis en garde contre « les fausses informations qui circulent, les appels publics à violer les règles », qui, selon elle « ralentissent l’éradication de la DNC ». Dans son message posté sur X, Annie Genevard rappelle qu’il est possible qu’un animal vacciné soit infecté par la DNC avant la mise en place totale de l’immunité (21 jours). Sachant que les premiers symptômes peuvent apparaître, eux, après « une trentaine de jours », selon la ministre.

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Les éleveurs proposaient de devenir une « ferme test »

La DNC avait été confirmée sur un animal du Gaec de Pouilley-Français, dans la commune du même nom, d’après un communiqué de la préfecture du 29 novembre. Il s’agit du premier cas dans le Doubs. Les autorités ont mis en place une zone réglementée dans un rayon de 50 km, qui recouvre partiellement quatre départements (Doubs, Jura, Haute-Saône, Côte-d’Or) et où les mouvements sortants d’animaux sont interdits. Les 82 bovins de l’élevage sont tous vaccinés, car l’exploitation se situe dans la zone réglementée liée à de précédents cas dans le Jura voisin.

Les éleveurs refusaient l’abattage total de leur cheptel prévu par la réglementation. Selon L’Est républicain (article payant), la famille Lhomme à la tête de la ferme propose d’« utiliser leur exploitation comme ferme test ». « La famille souligne que leur élevage est isolé, que les bêtes sont vaccinées depuis plus de cinq semaines, et que la vache malade montre déjà une nette amélioration après une injection d’antibiotiques », indique le quotidien local. Arrivée en France fin juin, la DNC a provoqué 107 foyers dans l’Hexagone, selon le dernier bilan du ministère au 30 novembre.

YG

Le recours de la Conf' et de la CR rejeté le jour même

Genevard met en garde contre les « les fausses informations »