Le renforcement d'El Niño pourrait à court terme retourner les marchés mondiaux agricoles, en particulier ceux du blé, du café et du sucre, selon une étude de la Rabobank le 26 juin. Météo-France a indiqué le 26 juin que le phénomène météo, en cours dans le Pacifique, est dorénavant d'« intensité modérée ».
« Même si le stock et l'offre en blé, huile de palme, sucre, café et huile de soja semblent suffisants, un fort El Niño pourrait gêner la production, et mener potentiellement à une considérable volatilité des prix », explique le document. La Rabobank s'attend à des impacts plus marqués sur les marchés à terme du blé – notamment en août/septembre avec une sécheresse en Australie – du café, et du sucre – en septembre/octobre à cause de la pluie au Brésil.Météo-France a indiqué le 26 juin que « l'événement El Niño en cours est dorénavant d'intensité modérée ». « Sur l'ensemble des simulations effectuées, les deux tiers prévoient une intensité forte au début de l'automne 2015 ».
La récolte australienne de blé chute généralement d'un quart lors des années El Niño, indique l'étude. Bien que représentative de 4 % de la production mondiale, ses 12 % de part du commerce international peuvent changer la physionomie du marché, souligne la Rabobank. « Un retrait significatif du blé australien en 2015-16 nécessiterait des volumes additionnels dans l'hémisphère Nord pour satisfaire la demande des importateurs. Cela limiterait aussi les disponibilités en blé à haute teneur en protéine. »
Des productions avantagées en Amérique du Sud
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A l'opposé, les productions argentine et brésilienne de maïs et soja pourraient grimper. « Les rendements en Argentine ont augmenté en moyenne de 7 % avec El Niño, quand au Brésil ils ont gagné seulement 1 %, note la Rabobank. Les récoltes 2015 aux Etats-Unis ont peu à en bénéficier. »
El Niño risque aussi de chambouler le marché du sucre, en influençant la météo des principaux pays exportateurs de canne. « Le niveau record des stocks mondiaux de sucre devrait amortir les conséquences d'El Niño sur la production 2015-16 », tempère l'étude. Le phénomène climatique provoque « un temps humide dans le Centre/Sud du Brésil, souvent responsable d'une augmentation des rendements ». Les conditions sont en revanche plus sèches dans la majeure partie de l'Asie de l'Est, ce qui « entraine fréquemment des rendements inférieurs, tandis que le taux de sucre est généralement plus élevé. Cela se traduit souvent par une hausse de la production de sucre, comme en 2014-15 ».