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Transformation des céréales/Résultats Epis-Centre tire profit de ses investissements passés

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Avec une croissance de 34 % de son activité transformation, renforcée par le rachat de Boortmalt fin 2004, Epis-Centre tire profit de ses investissements des années passées, même si la conjoncture est difficile en meunerie et en alimentation animale et si les turbulences du marché du malt devraient durer encore quelque temps.

Ayant retrouvé une activité de collecte à peu près normale après la chute de 30 % qu’avaient provoqué le gel et la canicule de 2003, le groupe coopératif céréalier Epis-Centre a conforté l’an dernier ses choix en faveur de la transformation. L’union des coopératives de l’Indre, du Cher et de la Nièvre enregistre pour l’exercice 2004/05 un résultat net de 10,1 millions d’euros, contre 8,9 M sur l’exercice précédent avec un chiffre d’affaires quasi stable à 997,4 M EUR.

Désormais, les activités de transformation (nutrition animale, meunerie, malterie,…) et le négoce européen (société Granit) représentent la moitié des tonnages collectés (2,1 millions de tonnes) dont la valorisation profite de plus en plus aux adhérents, 600 d’entre eux ayant rejoint lors d’une augmentation de capital de la holding Pasiphaé ses 1 400 premiers actionnaires.

CAF en hausse, endettement en baisse

La politique d’investissement en aval, qui se veut une réponse à la dégradation des prix (baisse des soutiens et des restitutions, aides découplées), sera donc poursuivie et renforcée : le groupe a pu en effet améliorer sa capacité d’autofinancement à hauteur de 28,5 M EUR (contre 26,2 M l’exercice précédent). Ses investissements, après avoir atteint 158 M EUR sur trois ans, redeviennent néanmoins plus modérés en 2004-05 à 20,5 M EUR. L’endettement a été d’ailleurs réduit légèrement, de 141 à 118 millions, pour représenter 64% des capitaux propres de l’ensemble consolidé.

Les activités de transformation qui totalisent désormais, après croissance externe, 295 M EUR de chiffre d’affaires (contre 220,6 M l’exercice précédent) vont de l’alimentation animale à la boulangerie sans oublier demain l’éthanol en partenariat avec Tereos, mais le fait marquant de l’exercice a été l’engagement accru dans la malterie avec le rachat du belge Boortmalt début 2004. L’ensemble emploie 847 salariés sur un effectif total du groupe de 1 760 personnes.

Le pôle nutrition animale (135,5 M EUR) a commercialisé 152 000 tonnes soit un recul de 14% (mais +7% par rapport à 2002-03) et a gagné des parts sur le marché des ruminants tout en investissant 5,4 M EUR notamment dans une nouvelle usine d’une capacité de 100 000 tonnes à Pouligny dans l’Indre. Dans la filière avicole, si Thoreau a connu un léger tassement en poulet standard, Thivat a pu se stabiliser sur cette production et a perdu 2,5 % sur l’activité dinde.

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Le 8e malteur, mais la 1ère usine

Les ventes du pôle malt ont généré 130,3 M EUR de chiffre d’affaires dans un contexte conjoncturel devenu très difficile. Surtout, 2004-05 a été pour le groupe nouvellement formé autour des outils d’Issoudun (Malteries Franco-Suisses), Anvers et Nova Gradiska en Croatie sans compter une unité de 50 000 tonnes près de Pékin, un exercice de transition et d’organisation. Les marges se sont contractées en cours d’année sur des contrats qui ont quand même totalisé 424 000 tonnes (sur un potentiel de 500 000 t). Les dirigeants du 8e malteur mondial se félicitent d’avoir hérité d’installations performantes et de contenir ainsi leurs coûts de revient malgré les hausses sur l’énergie. Les restructurations qui s’imposent à d’autres (1) ne sont pas à l’ordre du jour pour eux et le groupe a pu mettre en route comme prévu deux nouvelles tours à Anvers, équiper Issoudun d’un écuvage à sec, plus économe, tout en créant deux installations portuaires de stockage et d’expédition de 1,3 M t à Anvers. Les turbulences sur le marché, que les dirigeants d’Epis-Centre prévoient au moins pour un an encore, conforteront de très grosses unités comme les leurs (le site d’Anvers est le premier d’Europe avec 140 000 t et celui d’Issoudun le troisième) : « Le premier brasseur mondial achète à lui seul 2,2 M T de malt et que le premier malteur, Soufflet, n’en produit que 1,5 M avec de nombreux sites », remarquent les dirigeants. La solution, pour eux, serait la fermeture des outils obsolètes plutôt que le sacrifice des marges qui a résulté de la concentration des brasseurs et de la totale transparence des offres qui a suivi. Or, pour l’heure, seuls les Anglais, et de façon temporaire certains Allemands, ont fermé des outils tandis que les pays producteurs de bière comme la Chine ou les pays de l’Est construisent leurs propres malteries.

Redresser la boulangerie

En meunerie, les quatre unités du groupe ont une capacité d’écrasement de 130 000 t et les ventes (34,3 M EUR) représentent 2 % du marché national des farines. La part de marché en GMS avec les sachets et la fourniture aux laboratoires de boulangerie intégrés atteint néanmoins 6 % et elle est de 4 % avec les industries utilisatrices. En 2004-05, la commercialisation a subi une baisse de 4,3 % à 84 000 t, renforcée par l’abandon volontaire de la vente de sachets au circuit hard discount.

L’activité boulangerie d’Epis-Centre, limitée à quatre villes (Chateauroux, Déols, Cournon et Roanne) souffre d’une concurrence exacerbée : si le chiffre d’affaires recule de 3,8% à 4,4 M EUR, les résultats sont négatifs et le groupe est « à la recherche de solutions ».

Enfin à travers la holding Ariane, Epis-Centre est engagé dans la trituration d’oléagineux avec 4% de Soprol et des parts minoritaires dans Auvergne Trituration et Diester Industrie.