Nouvelle étape dans la guerre commerciale engagée entre Washington et Pékin : la Chine a demandé le 9 avril l’ouverture de consultations avec les États-Unis dans le cadre de l’OMC au sujet des droits, de respectivement de 25 % et de 10 %, imposés par les États-Unis sur les importations d’acier et d’aluminium. En représailles, la Chine surtaxe déjà depuis le 2 avril 128 produits américains (porc, vin…) et pourrait prochainement passer à la vitesse supérieure en s’attaquant à 106 nouvelles familles de produits dont le soja et le whisky (1).
Mais le 10 avril, le président chinois Xi Jinping a détendu le climat annonçant une nouvelle phase d’ouverture de l’économie de son pays avec des ports francs, un accès facilité dans les services bancaires et financiers pour les entreprises étrangères et des tarifs douaniers significativement abaissés pour des produits d’importation comme l’automobile.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Des annonces saluées par le président américain Donald Trump qui n’avait pas manqué de critiquer une nouvelle fois les « horribles » accords commerciaux signés par les États-Unis lors d’une intervention le 9 avril. « Si nous passons un accord avec la Chine, si au cours du processus de négociation, ils veulent affecter les agriculteurs parce qu’ils pensent que cela m’affecte moi-même, je dirais que ce n’est pas gentil mais je dirais que nos agriculteurs sont de grands patriotes et qu’ils comprennent qu’ils font cela pour le pays », avait-il alors indiqué. Mais le président américain d’assurer que les agriculteurs américains ressortiraient renforcés quand les renégociations seront terminées. « Ils seront mieux lotis qu’ils ne l’ont jamais été », veut-il croire. Alors que se profilent les élections de mi-mandat le 6 novembre, le locataire de la Maison blanche veut éviter de se mettre l’électorat agricole à dos. Des mesures de soutiens extraordinaires pour compenser les pertes à venir pourraient être introduites dans le Farm bill (loi agricole américaine) actuellement en préparation. Et en attendant un plan d’urgence (qui pourrait prévoir des mesures d’intervention sur le marché) est à l’étude.
(1) Voir n° 3639 du 09/04/2018