Abonné

Viticulture Face aux intempéries, Jérôme Despey partisan d’une assurance obligatoire

- - 3 min

Les intempéries et leurs effets sur la production viticole atteignent une ampleur sans précédent en France. C’est une des raisons qui feront de la prochaine vendange une des plus faibles des dernières années. De quoi justifier, pour Jérôme Despey, l’existence d’une assurance récolte obligatoire. Les offres actuelles ne sont pas, selon le président du conseil spécialisé vins de FranceAgriMer, bien adaptées aux besoins des viticulteurs.

Le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, Jérôme Despey, a estimé le 28 août qu’on « aurait dû aller vers un système d’assurance climatique obligatoire » pour le secteur viticole, compte tenu des risques de plus en plus élevés de dégâts sur la vigne. Cette année a été particulièrement dure en France, avec des vignobles touchés dans une très large proportion: vouvray, entre-deux-mers de même qu’en Bourgogne, Gironde, Dordogne, Midi-Pyrénées, Sud-Ouest, etc. Face à cela, une faible proportion de la surface (100 000 ha sur 800 000) est assurée alors que la viticulture ne bénéficie plus de l’intervention du Fonds de garantie contre les calamités agricoles (FNGCA).
 
Offre pas adaptée
« L’offre d’assurance n’est pas adaptée », regrette Jérôme Despey, tant dans son prix que dans sa complexité (seuils, franchises). Néanmoins, Jérôme Despey témoigne que dans sa région, où l’offre d’assurance a été mutualisée, notamment par le biais de coopératives, le taux de souscription a approché 50% de la surface. Une expérience qui renforce sa conviction : rendre obligatoire l’assurance pour en réduire le coût et en étendre l’application. Le président du conseil vin de FranceAgriMer sait que cette option n’est pas partagée par tous, mais demande qu’au moins un groupe de réflexion planche sur la question. ET de rappeler que l’aide publique sous forme de prise en charge d’une partie des cotisations, se réduit chaque année : 125 millions d’euros en 2011, 100 millions en 2012, 77 millions en 2013.
 
Petite récolte
Compte tenu des dégâts climatiques, la récolte 2013 serait faible, 43,5 millions d’hectolitres estimés actuellement contre 45,8 Mhl évalués début août. La qualité sanitaire devrait être bien maîtrisée. Ce volume est largement inférieur à la moyenne décennale (45,4 Mhl) quoique supérieur à la vendange 2012 (41,4 Mhl). Les récoltes italienne ou espagnole s’annoncent aussi en hausse tout en restant modestes. 40 Mhl en Espagne contre 30 Mhl en 2012 ; 42 Mhl en Italie contre 40 Mhl en 2012. En France, le degré d’alcool devrait être faible en général ce qui peut justifier, selon J. Despey, dans certaines régions le recours à l’enrichissement. Quant à utiliser du saccharose ou des moûts concentrés, le président du conseil spécialisé vins de FranceAgriMer recommande que ce soit de la responsabilité des préfets de région. Quant aux prix ils se tiennent et « il n’y a aujourd’hui aucune raison, selon lui, de voir les prix de vente régresser ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

assurance récolte
Suivi
Suivre
assurance
Suivi
Suivre