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Hausse du budget de la Pac : la FNSEA satisfaite, Conf' et Modef veulent plus

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La FNSEA et l’APCA saluent la hausse du budget de la Pac proposée par Bruxelles le 27 mai, y voyant une reconnaissance de l’importance de l’agriculture. Via le plan de relance, le second pilier sera rallongé de 15 Mrd €. Un effort insuffisant aux yeux de la Confédération paysanne et du Modef.

« Une augmentation substantielle qu’on salue » : dans un entretien à Agra Presse le 28 mai, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert s’est félicitée de la hausse du budget de la Pac proposée la veille par la Commission européenne. « Ce rattrapage arrive bon moment », estime l’éleveuse angevine, satisfaite que « l’agriculture [ait] été reconnue comme prioritaire, parce qu’elle est dans le plan relance vert ». Le 27 mai, Bruxelles a notamment proposé d’ajouter, via le plan de relance, 15 Mrd € au second pilier de la Pac. « Ces fonds seront beaucoup ciblés sur l’investissement et l’innovation », relève la présidente de la FNSEA, « c’est le signe que la souveraineté alimentaire nécessite une agriculture plus innovante, moderne, de précision, et utilisant le numérique. » Toutefois, « le compte n’y est toujours pas » pour espérer atteindre les objectifs affichés par Bruxelles dans son Green deal, estiment la FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) dans un communiqué le 28 mai. Face au « manque de fonds disponibles au sein de la Pac », les syndicats majoritaires demandent que les agriculteurs aient accès au Fonds de transition juste pour la lutte contre le changement climatique.

De leur côté, les chambres d’agriculture « saluent cet effort financier » consenti par la Commission, indique un communiqué de l’APCA (tête de réseau) le 28 mai. « Le plan de relance de la Commission européenne va dans le sens des actions proposées par les Chambres d’agriculture pour le redressement de l’agriculture française », déclare le président de l’APCA Sébastien Windsor, cité dans le communiqué. Le 3 juin, les chambres vont présenter à la presse « des actions de relance, s’appuyant notamment sur la reconquête de notre souveraineté alimentaire et la nécessaire relocalisation de la production ».

Controverse sur l’investissement dans l’agriculture de précision

Réagissant à la nouvelle proposition budgétaire de la Commission européenne, la Confédération paysanne accueille « avec satisfaction la proposition d’augmentation du budget du second pilier de la Pac ». Jusqu’ici, la Commission européenne avait toujours proposé un montant en baisse par rapport à la programmation actuelle. Mais « le compte n’y est toujours pas », estime la Conf' dans un communiqué paru le 27 mai : « Lors des futures négociations budgétaires, les États membres doivent se mobiliser pour donner aux paysans et paysannes les moyens de la nécessaire transition sociale et écologique ».

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Le syndicat regrette par ailleurs que, dans son discours, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, « n’a cité qu’une seule fois l’agriculture, et seulement pour évoquer l’agriculture de précision ». La Conf' « s’inquiète de cet "oubli", alors que la crise du Covid-19 a justement rappelé le rôle essentiel de l’agriculture », et « dénonce l’entêtement idéologique de la Commission européenne à présenter l’agriculture 4.0 comme unique solution aux différentes crises que nous traversons. »

De son côté, le Modef « souhaite un renforcement du budget Pac équivalant au budget Pac 2014-2020, soit environ 408 milliards d’euros », explique-t-on au syndicat minoritaire. C’est davantage que la position commune trouvée en février par les principaux syndicats agricoles (Confédération paysanne, Coordination rurale, FNSEA et JA). À l’occasion de la visite du Premier ministre Édouard Philippe au Salon de l’agriculture le 24 février, ils s’étaient mis d’accord sur la position suivante : un objectif de 380 Mrd € pour la prochaine programmation et un refus en dessous de 375 Mrd €. « L’Europe et le gouvernement français devront prendre des dispositions à la hauteur de la gravité de la crise agricole accentuée par le coronavirus », plaide le Modef dans un communiqué paru le 26 mai.

Ursula von der Leyen « n’a cité qu’une seule fois l’agriculture »