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Influenza : la baisse du soutien public au vaccin scandalise la filière

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Le ministère de l’Agriculture a annoncé que l’État diminuerait de 70 % à 40 % sa participation au financement de la vaccination contre l’influenza. Inenvisageable selon les interprofessions des volailles, des œufs et de la chasse.

Alors que se tiennent en parallèle les Assises du sanitaire, le cabinet d’Annie Genevard a prévenu les professionnels de la volaille, dès le 13 mars qu’un arbitrage de Matignon avait abouti à la décision de réduire la contribution financière de l’État à la vaccination contre l’influenza aviaire, de 70 % pour la campagne 2024-2025 à 40 % pour la campagne 2025-2026.

Le lendemain, les interprofessions de la volaille de chair, du Foie Gras, de l’œuf, du gibier de chasse ainsi que le comité interprofessionnel du canard à rôtir (Cicar) affirmaient dans un communiqué commun qu’un tel désengagement public pourrait entraîner une réduction de la couverture vaccinale des volailles, au péril de la santé publique et au risque de dépenses publiques bien plus importantes que le coût de la vaccination. Le communiqué précise que la diminution annoncée consiste à transférer aux professionnels l’achat, l’acheminement et le stockage des vaccins. « La vaccination des canards resterait obligatoire mais serait en grande partie à la charge de l’éleveur, s’étrangle Guy-Marie Brochard, président du Cicar. Le surcoût est désastreux pour le canard à rôtir ». L’élu de l’interprofession se dit « très inquiet des conséquences sur le terrain ».

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Les indemnisations plus coûteuses que la vaccination

Le communiqué des interprofessions qualifie de « vital et indispensable pour maintenir l’efficacité de la vaccination » le maintien du financement de l’État à hauteur de 70 %. En effet, le vaccin « évite l’abattage préventif de milliers d’animaux ». Et de mettre en regard les indemnisations « ayant coûté plus de 1 milliard d’euros à l’État lors des précédentes crises », et le coût total de la campagne de vaccination estimé à plus de 90 millions d’euros sur un an pour les deux filières chair et foie gras (fabrication du vaccin, administration, suivi…). Le communiqué rappelle aussi les conclusions d’une étude de la Chaire de biosécurité et de santé aviaires de l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse (Unité IHAP - ENVT-INRAE) selon lesquelles plus de 700 foyers qui ont été évités grâce à la vaccination en 2023 et 2024.

Les filières ont demandé de rencontrer la ministre ou son cabinet au plus vite, informait Guy-Marie Brochard le 19 mars, mais il n’avait alors aucun retour. Plusieurs faits d’actualité servent d’argument aux filières : l’épizootie d’influenza en Hongrie, l’incidence encore forte en Europe, la présence désormais permanente du virus dans la faune sauvage, l’infection du troupeau laitier aux États-Unis et les cas humains survenus dans le monde.

« La vaccination des canards resterait obligatoire mais serait en grande partie à la charge de l’éleveur »