Le ministère de l’Agriculture s’est montré en phase avec les attentes de la profession viticole sur les modifications à apporter au projet d’OCM viti-vinicole, lors de la réunion du conseil d’administration de la Cnaoc le 3 décembre, à quelques jours de l’examen du texte en conseil des ministres à Bruxelles. Christian Paly, le président de cette structure, a exprimé sa crainte d’un échec de la future OCM si le projet reste en l’état.
Les points qui inquiètent les producteurs de vins AOC ne sont pas nouveaux et sont nombreux : dérégulation de la production (suppression des droits de plantations, des mécanismes de distillation, des prestations viniques, libéralisation de l’étiquetage…), faiblesse des moyens (restructuration du vignoble, assurance récolte, aide aux moûts, structuration de l’aval de la filière, promotion…). Au final, ces éléments cumulés pourraient mener à un échec de la future OCM et par contrecoup, à un désintérêt des politiques européens pour la filière, a déclaré Christian Paly, alors que l’examen du texte est prévu le 19 décembre.
Sur l’application de l’OCM en France, la Cnaoc a rappelé sa volonté de gestion régionale, partagée par l’ensemble de la filière, et a refusé un lieu d’arbitrage national, voyant dans ce centralisme une « immixtion du syndicalisme à vocation générale ».
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Garder 3 ou 4 points majeurs dans la discussion
Jean-Marie Aurand, directeur des politiques économiques (DPEI), représentant le ministre, a fait part d’une position proche de celle des producteurs d’AOC. « Nous voulons plus de moyens pour la promotion », a-t-il dit d’entrée de jeu. Les autres objets de la négociation seront : le refus de libéraliser les droits de plantation ; le maintien de la distillation de crise (qui pourra être rendue obligatoire dans un cadre interprofessionnel) ; le maintien de la chaptalisation et des prestations viniques (obligation pour les producteurs de livrer à une distillerie agréée la totalité des sous-produits de la vinification, marcs et lies), même s’il faut les rénover et les recentrer. Pour ce qui est de l’étiquetage, la mention de cépage doit faire l’objet d’un « encadrement strict pour éviter une concurrence avec les AOC et les vins de pays ». Les producteurs espèrent pour le moins que la mention ne descende pas à un niveau plus précis que le pays d’origine.
Sans évoquer le problème des moyens, « notre souci est d’élargir l’enveloppe nationale pour des actions de promotion, pour l’observatoire des prix, pour des actions de promotion des marques vers les pays tiers et pour des actions génériques ciblées sur le marché intérieur », a précisé le directeur de la DPEI. « Pour ce qui est des modalités d’arrachage, recentrer sur trois ans le programme d’arrachage serait une bonne chose », a t-il ajouté. Reconnaissant que les négociations ne seront pas faciles à Bruxelles, Jean-Marie Aurand a déclaré : « Nous allons garder trois ou quatre aspects majeurs pour la discussion en décembre en conseil des ministres ».