Les politiques forestières ne prennent pas assez en compte le rôle des forêts dans l'alimentation des populations, la fourniture d'énergie et la protection de l'environnement, estime le FAO.
« Les politiques forestières et autres politiques ne prêtent guère une attention suffisante aux avantages socio-économiques dérivant de la forêt », estime la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), dans son rapport sur la situation des forêts du monde publié le 23 juin. Pourtant une part importante de la population mondiale dépend des produits forestiers pour satisfaire ses besoins fondamentaux en énergie, en logement et alimentation, constate le rapport. Par exemple, la combustion du bois constitue plus de la moitié de l'énergie consommée dans 29 pays, dont 22 d'Afrique. En Tanzanie, le bois de feu représente environ 90% de la consommation nationale totale en énergie. Et au moins 1,3 milliard d'individus, soit 18% de la population mondiale, vit dans des habitations en bois. En 2011, à l'échelle mondiale, en moyenne 10,9 kg d'aliments issus des forêts ont été consommés par personne (l'Asie et l'Océanie arrivaient en tête avec 14,6 kg suivies par l'Amérique latine et les Caraïbes, puis l'Afrique). Enfin, estime la FAO, « il faut prendre davantage conscience du rôle des services environnementaux rendus par les forêts, ainsi que des mécanismes de paiement visant à garantir la conservation de ces services ».
Dans un document publié le 30 juin, la FAO propose des solutions. Dans de nombreuses économies rurales, les entreprises forestières familiales ou communautaires contribuent fortement aux moyens d'existence des communautés locales. Malheureusement, le rôle essentiel qu'elles remplissent est souvent négligé par les politiques gouvernementales.
Pour les aider, il faudrait un soutien ciblé aux petits producteurs forestiers et agricoles pour les aider à se regrouper en organisations de producteurs pour leur permettre d'avoir un meilleur accès aux services financiers, de sécuriser leurs droits fonciers et de mieux négocier le prix de vente de leurs productions. (AG)
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L'INDONÉSIE a abattu en 2012 près de deux fois plus de forêt vierge que le Brésil selon une étude publiée par le magazine Nature Climate Change le 29 juin. Au cours de la dernière décennie, la déforestation en Indonésie s'est considérablement accélérée au profit du commerce du bois et des plantations de palmiers à huile (l'Indonésie est le premier producteur mondial d'huile de palme). Le pic a été atteint en 2012 avec 840 000 hectares de forêt abattus, contre 460 000 hectares la même année au Brésil, souligne l'étude.
Un moratoire sur les permis de défrichement en Indonésie était pourtant entré en vigueur en 2011 et a été prolongé de deux ans en 2013 mais il n'invalide pas les permis octroyés avant son adoption.