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Syndicalisme La FNSEA veut des garanties sur les aides Pac après les dégâts du gel

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Les fédérations départementales de la FNSEA de l’Aube et de la Haute Marne, deux zones particulièrement touchées par le gel cet hiver, ont reçu, le 10 avril, la visite de Dominique Barrau, secrétaire général du syndicat, afin d’évaluer les dégâts du gel chez les agriculteurs et de faire remonter leurs demandes aux autorités. Ce déplacement a permis de préparer son rendez-vous, au ministère de l’Agriculture le 12 avril, avec le comité sur les dégâts dus aux calamités agricoles.

«Je suis venu sur le terrain afin d’évaluer les dégâts du gel et de faire remonter vos demandes», a indiqué Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, en visite dans l’Aube et la Haute Marne le 10 avril. Venu à la rencontre des agriculteurs de ces départements, particulièrement touchés par le gel, Dominique Barrau a voulu faire le point avec eux sur leur situation suite aux gels hivernaux critiques pour les cultures dans la région. D’ailleurs, le secrétaire général de la FNSEA a été reçu dans la foulée, le 12 avril, au ministère de l’Agriculture à l’occasion d’une réunion du comité de suivi des calamités agricoles.

Une demande de clarté quant à l’attribution des aides Pac

« Nous pensons qu’il y a 95% de chances pour que les aides Pac découplées sur ces parcelles soient versées, car le dispositif le prévoit », a souligné Dominique Barrau, lors de son déplacement sur le terrain, au sujet des cultures complètement détruites par le gel laissant les terres nues dans l’est de la France. Il s’est ainsi engagé auprès des agriculteurs à négocier au mieux le versement de leurs aides Pac suite aux dégâts du gel. Il a aussi indiqué que le président de la FNSEA, Xavier Beulin, devrait rencontrer le 18 avril, au niveau européen, la direction générale de l’Agriculture afin que les agriculteurs engagés dans des contrats de type mesures agri-environnementales, ne pouvant respecter leurs engagements après le gel de leurs prairies permanentes par exemple, puissent toucher leurs aides Pac. Dominique Barrau d’ailleurs souligné que « l’urgence réside dans le remplissage des dossiers Pac pour la fin avril et que les agriculteurs ont besoin de clarté sur la notion de terre nue après le gel ». Ce sur quoi il a été rassuré lors de la réunion du 12 avril au ministère, expliquant que les droits à paiement unique (DPU) seront versés même en cas de destruction totale par le gel des cultures. Le secrétaire général de la FNSEA n’exclut pas un nouveau déplacement sur le terrain avant la fin avril afin de clarifier les modalités de remplissage des dossiers Pac dans les situations de « terres nues » suite au gel.

Des problèmes de trésorerie à prévoir dans l’est de la France

Outre les inquiétudes quant aux disponibilités en paille dans l’est de la France, avec d’importantes destructions de céréales d’hiver ressemées en cultures de printemps produisant moitié moins de paille, la trésorerie des exploitations jusqu’à la prochaine récolte est aussi un souci. À ce sujet, Philippe Pinta, président de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), a réitéré sa demande, lors du déplacement de Dominique Barrau, d’un paiement avancé des aides Pac 2012. L’objectif est ainsi de soutenir la trésorerie des exploitations agricoles pour, notamment, la mise en culture de la récolte 2013. À ce sujet, Dominique Barrau a indiqué, après la réunion du 12 avril au ministère de l’Agriculture, que ce point sera revu début mai lors d’une rencontre au ministère sur le thème de la sécheresse. Selon Philippe Pinta, « on anticipe déjà une baisse de 50% des marges brutes d’exploitation en Côte d’Or ». Il a aussi indiqué que les revenus seront négatifs dans les régions touchées par le gel, et ce malgré les assurances climatiques « qui couvrent à peine les coûts de re-semis ». Il souhaiterait que soit revue la modalité des assurances climatiques, notamment par rapport aux coûts de franchise trop élevés. Sur les pailles, cette année l’est de la France va voir sa production diminuer, ce qui constituera la deuxième année déficitaire. « Les prix de la paille rendue sont très élevés ; si il y a un an on a réussi à établir une fourchette de prix, cette année ce sera difficile compte tenu des attaques répétées pour ententes», a alerté Philippe Pinta, faisant référence aux procédures lancées par l’Autorité de la concurrence contre les endiviers et la meunerie récemment. Ces prix élevés de la paille vont encore affecter les revenus des éleveurs, notamment ceux des Vosges dont les besoins sont couverts en partie par les productions de la Haute Marne et de l’Aube.

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