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La viticulture de pointe, outil d'adaptation au changement climatique

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On voit apparaître dans le monde une viticulture de pointe qui recycle son eau, recharge les nappes phréatiques, retrouve des cépages résistants à la sécheresse et plante des haies, a montré le symposium organisé par Vinexpo le 14 mai à Bordeaux sur le thème du climat. Certains viticulteurs ont choisi la solution nomade : planter des vignes dans des régions moins chaudes.

Il existe déjà dans le monde une viticulture de pointe dans le domaine de l’eau a montré le symposium organisé par le salon Vinexpo le 14 mai à Bordeaux. Il s’agit certes de domaines aux moyens économiques importants. Ainsi, la société californienne Jackson Family Wine utilise trois fois la même eau pour le lavage des cuves, lave ces dernières avec des lampes aux UV pour éviter de recourir à l’eau, construit des réservoirs, a indiqué Katie Jackson, responsable RSE (Responsabilité sociale et environnementale) de l'entreprise. « Nous avons inculqué au personnel une culture de l’économie d’eau, tant la sécheresse gagne d’année en année, provoquant des incendies ». Depuis trois ans, la société a testé la recharge de nappes phréatiques en inondant le sol avec de l’eau pompée pendant l’hiver dans les rivières. « Nous avons constaté une recharge importante des réserves d’eau souterraine », a-t-elle poursuivi. La société recharge aussi des batteries avec de l’électricité photovoltaïque.

Des cépages abandonnés, source de génétique résistante à la sécheresse

La société espagnole viticole Torres cherche à réduire sa dépendance à l’eau. Elle réduit l’effeuillage de la vigne, et surtout, elle a passé des annonces dans des journaux pour faire un appel à tous les particuliers qui ont chez eux ou qui ont entendu parler de cépages abandonnés qui consomment peu d’eau. Elle ainsi répertorié 54 cépages tardifs, dont déjà six donnent des vins présentant des taux d’acidité suffisants. « Nous pensons qu’ils ont été utilisés au Moyen Âge, à une époque où les températures étaient élevées », a indiqué Miguel Torres Maczassek, président de la société familiale. L’entreprise sélectionne des porte-greffes plus résistants à la sécheresse et crée des réservoirs d’eau « partout », a-t-il précisé.

Cinquante cépages différents au milieu du merlot bordelais

En France, la société viticole bordelaise Vinéam, qui exploite 300 hectares dans six domaines différents, tous en bio, expérimente l’agroforesterie dans l’un d’entre eux. Partenaire d’une association qui promeut les essences locales d’arbres, elle a planté à l’automne 2018 des chênes verts, des prunelliers, de l’aubépine, des pommiers, des poiriers, a indiqué Jean-Baptiste Soula, son directeur général. Parallèlement, l’entreprise a planté 50 cépages différents au milieu de ses vignes de merlot pour accroître la biodiversité du vignoble. L’objectif est de casser la dynamique des parasites, tant champignons pathogènes qu’insectes ravageurs, et d’héberger dans les haies des prédateurs des ravageurs. « Nous voulons zéro résidus de pesticides dans nos vins, mais nous voulons aussi éviter au personnel d’inhaler des substances CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques) », a expliqué Jean-Baptiste Soula.

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Stocker l’eau, la retenir… ou s’implanter ailleurs

Invité au symposium de Vinexpo Bordeaux sur le climat, l’ancien dirigeant écologiste Brice Lalonde a rappelé que 80 % des vignobles du monde doivent être irrigués. « Il faut 800 litres d’eau pour produire un litre de vin ».

Dans ces conditions, des arbitrages seront nécessaires, et il est possible qu’à l’avenir la viticulture soit considérée comme n’étant pas vitale, a alerté Brice Lalonde. La viticulture doit s’y préparer. Dans cette logique, la société espagnole Torres a acheté des terres en Patagonie (partie froide du sud de l’Argentine), pour y planter des vignes à long terme, en prévision d’une confirmation du réchauffement.

80 % des vignobles du monde doivent être irrigués