C’est, hélas, sans surprise que la crise viticole plombe le revenu agricole 2005. Le résultat agricole moyen baisse de 10 % en 2005 selon le Scess (ministère de l’Agriculture). Le revenu par actif non salarié en valeur réelle se réduirait en 2005 de 19 %, indique l’Insee. Le revenu viticole (- 37 %) pèse pour 7 % dans cette baisse. C’est ce qui ressort des données prévisionnelles du Scees et de l’Insee, analysées par la commission des compte de l’agriculture qui s’est réunie le 15 décembre. Les productions végétales ont vécu une année 2005 difficile. Cette baisse résulte d’un recul des volumes produits et des prix, contrairement à l’année 2004 qui s’est caractérisée par de belles récoltes. Sans omettre la hausse de certains coûts liés aux prix des produits pétroliers. L’année est favorable pour les éleveurs sauf en aviculture.
Hors viticulture, le résultat agricole moyen pour 2005, toutes exploitations confondues, baisse de 3 % en 2005. Comme en 2004, mais en sens inverse, la viticulture pèse particulièrement lourd dans ces résultats. Pour 2005, le résultat agricole moyen baisse de 10 % et le résultat viticole à -37 % pèse pour 7 % dans cette diminution. En 2005, les volumes vendangés baissent de 10 %. Et les prix sont bas sous l’effet de la campagne précédente.
Viticulture : une année hors norme
Cette année les viticulteurs sont de nouveau confrontés à une année hors norme. Rappelons que pour l’année 2004, les chiffres de l’Insee et du Scees estimaient à 47 % la progression des revenus de la viticulture AOC et de 15 % pour les autres vins alors qu’ils vivaient déjà une crise sans précédent. Cette année, le revenu des viticulteurs recule de 37 %, qu’ils soient spécialisés en vins d’appellation ou dans les autres vins. En moyenne depuis 5 ans, le revenu viticole baisse en tendance de 7 % par an. « Il avait auparavant beaucoup augmenté », rappelle le Scees. En 2005, la récolte est donc en net retrait par rapport à celle importante de 2004 : la valeur de la production des vins d’appellation hors champagne diminue de 23 % en 2005. La récolte de vins de table baisse de 22 % en 2005.
Végétaux : repli des récoltes, stabilité des prix
Même tendance baissière des récoltes de céréales qui diminuent de 10 % pour 2005. Le maïs cède en partie la place aux oléagineux. Les récoltes de betteraves industrielles et de pommes de terre sont également en retrait. Les prix de ces productions sont stables malgré la baisse des quantités récoltées. Le revenu des producteurs spécialisés en grandes cultures baisse de 14 %. La hausse des prix des engrais et des produits pétroliers pèse sur le résultat des exploitations de grandes cultures.
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Hausse des prix pour le bétail
Cette année 2005, les éleveurs tirent leur épingle du jeu. En tête, le revenu des éleveurs laitiers augmente de 10 %. « En plus de la baisse des coûts des aliments, l’aide laitière est revalorisée », précise le Scees. Le revenu des éleveurs bovins viande progresse de 1 %. Les cours des gros bovins progressent de 8 %. En élevage hors sol, le résultat moyen progresse de 9 % au profit des producteurs de porcs. Les cours se redressent de 3 %. À l’opposé, les aviculteurs, après une année 2004 difficile, souffrent d’une production et de prix en recul. Le revenu des éleveurs ovins est en baisse de 1 % en 2005. « Il marque le pas depuis 5 ans, après avoir rattrapé précédemment une partie de son retard sur la moyenne des exploitations professionnelles ».
En forte baisse, le revenu des arboriculteurs qui baisse de 15 % en 2005. La faute aux prix des fruits qui reculent, traduisant l’agonie de la demande pour les fruits d’été et l’abondance des récoltes. Le revenu des maraîchers et des horticulteurs progresse de 6 %. Le prix moyen des légumes augmente de 8 % mais les coûts de production enregistrent la hausse de prix des produits pétroliers.