Quelques mois après un premier avertissement, les professionnels réunis au sein de l’Adepale alertent de nouveau sur des risques de défaillances dans l’agroalimentaire, avec des emplois en jeu, à cause d’une « explosion » des coûts de production.
Dans un document publié le 21 octobre, l’Association des entreprises de produits alimentaires élaborés (Adepale), qui représente environ 400 PME, PMI et ETI françaises de l’agroalimentaire, alertentles acteurs de la distribution et la restauration sur les « risques de défaillances » dans le secteur. Pour son président Jérôme Foucault, « toutes les matières premières sont concernées » par l’envolée des prix, des produits agricoles aux emballages en passant par l’énergie et les transports. « La situation est encore plus grave que ce que nous avions anticipé au mois d’avril », lorsque l’Adepale avait publié un premier appel aux côtés de la Fédération des entreprises de boulangerie/pâtisserie, affirme même Jérôme Foucault.
Les tendances du début d’année se sont confirmées avec l’envolée des cours du blé tendre (+44,6 % en un an), du blé dur (+74,07 %), des lentilles (+80 à +100 %), des œufs (+50 % des prix industrie), des fruits (+34 %) et de l’huile de colza (+58,2 %). Les emballages suivent la même tendance, que ce soit le plastique (+20 % en un an en cumul), l’aluminium (+24 % depuis le début de l’année), l’acier (+47 % entre décembre 2020 et juin 2021) ou le carton d’emballage (+18 % en un an). L’envolée des cours de l’énergie et du coût moyen du fret maritime, multiplié par 5 à 10 sur ces 18 derniers mois, complète la liste.
« Certains cas sont plus difficiles que d’autres, comme pour les emballages métalliques qui sont souvent utilisés pour des produits d’entrée de gamme. Dans une conserve de légumes verts, le métal représente la moitié du coût, faites le calcul si vous doublez le coût de l’emballage », résume Jérôme Foucault.
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Des négociations commerciales à forts enjeux
Un « mur d’inflation » auquel sont confrontées toutes les entreprises de la transformation selon le président de l’Adepale. Mais cette situation est « le fruit d’une compression de plusieurs années, analyse-t-il, ces tensions inflationnistes étaient à l’œuvre bien avant le Covid ».
Alors que le début des négociations commerciales avec la grande distribution est imminent, l’Adepale craint de rencontrer une résistance des acteurs du secteur, préoccupés par la réaction des consommateurs. « Un certain nombre de distributeurs ont dit qu’il fallait tenir compte du pouvoir d’achat ou qu’ils joueraient le rôle d’amortisseur. » Mais le président de l’Adepale en est sûr, « le consommateur soutient la transition mise en place par Egalim 1 et 2 afin de valoriser la qualité nutritionnelle et l’origine des produits. Le bien manger coûte, même si notre mission est de limiter ce coût au maximum. C’est au consommateur de décider de ce qu’il achète ou pas. »
Jérôme Foucault affirme vouloir seulement « mettre les distributeurs devant leurs responsabilités ». Pour lui, il est « vital de répercuter ces hausses généralisées », avec une possible hausse des prix « à deux chiffres ». Si rien n’est fait, l’Adepale dit redouter des défaillances dans le secteur, avec des emplois en jeu.