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L’Anjou, futur berceau d’une production de konjac

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Dans le Maine-et-Loire, France Konjac s’emploie à développer une filière française de ce tubercule difficile à cultiver et aux multiples usages. Elle table sur une trentaine de tonnes en 2024.

Depuis 2016, France Konjac, fondée par Nhung Nguyen-Deroche, veut développer la production de cette racine originaire de l’Asie du Sud-Est, dont la transformation touche aussi bien l’alimentaire (nouilles), la nutrition (gélules coupe-faim) que la cosmétique (éponges). La société se place sur un marché de niche : la France importe près d’un millier de tonnes de konjac déjà transformé par an.

La production de konjac concerne deux hectares sous serre, sur l’exploitation de Saint-Jean-de-Linières, non loin d’Angers. Docteur en biologie végétale, Nhung Nguyen-Deroche a développé une variété hydrique adaptée au terroir français. Le konjac est une plante demandant de la patience : son cycle de production agricole est de trois ans. C’est le temps pour les tubercules matures de former une fleur bisexuelle. De plus, leur maturité est en décalage pour éviter l’autofécondation.

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Projet de plats cuisinés

Pour maintenir l’activité, Nhung Nguyen-Deroche importe de la farine du Japon pour la transformation en nouille dans son atelier de Bécon-les-Granits. Ce qui ne l’a satisfait pas vraiment : « Ce n’est pas très écologique et c’est onéreux. Cependant, en 2023, nous avons validé notre process de transformation qui va permettre d’utiliser notre propre production de racines tout en réduisant fortement l’énergie pour les sécher ; le konjac, c’est 85 % d’eau. Un container de 25 tonnes de nouilles de konjac traversant 20 000 km de l’océan ne contient que 1 tonne de farine, le reste n’est que de l’eau et de plastiques », précise-t-elle. Un autre projet en développement cette année concerne la fabrication de plats cuisinés en partenariat avec un transformateur régional.

Parallèlement, des tests d’association agronomique avec le fruit de la passion ont débuté : « Il permet d’abord d’apporter un ombrage au konjac. Nous avions essayé précédemment le chanvre géant qui n’a pas donné satisfaction. Cette année, nous avons planté quelques pieds qui donnent bien. Nous avons découvert que le fruit, issu d’une variété venue du Vietnam, pourrait aussi être consommé. En produisant raisonnablement, et en s’assurant que la variété est en phase avec le marché, cela pourrait nous offrir une fenêtre supplémentaire », souligne la présidente de France Konjac qui indique avoir eu des contacts en ce sens au dernier Sival. En 2024, l’objectif de France Konjac sera de sortir une trentaine de tonnes. Puis d’augmenter significativement les volumes en s’associant à d’autres cultivateurs. « la culture du konjac peut s’apparenter au maraîchage mais en fait nous avons plutôt une vision grandes cultures. Pour cela, il nous faut convaincre et fédérer les producteurs intéressés », conclut Nhung Nguyen-Deroche

France Konjac espère un développement similaire à celui du quinoa