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L'aviculture africaine, opportunité pour l'agrofourniture

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Concurrence pour l'élevage européen, les filières avicoles africaines représentent un débouché intéressant pour l'agrofourniture.

Inquiétude pour les uns, intérêt pour les autres. Les fournisseurs français de génétique, de nutrition avicoles, et d'équipements (bâtiments d’élevage, couvoirs, abattoirs) ont des places à prendre dans ces filières africaines en plein essor. 

Au Sénégal, par exemple, NTD France a construit en 2019 sur 30 000 m2 un couvoir, six bâtiments d’élevage de poulets de chair, un abattoir ainsi qu’un bâtiment de découpe et d’expédition. Entrepreneur en production de poussins de poulet au Sénégal, Serigne Amar en produit plus de 200 000 par semaine. Il réalise 80% de son activité auprès d’éleveurs de 100 à 1000 têtes, mais fournit par ailleurs des bandes de 25 000 à 35000 poussins à quelques grands élevages. Pour l'heure, les consommateurs privilégient le vif, constate-t-il, mais une dynamique existe pour les produits plus élaborés. Aussi fait-il construire une unité de production de charcuterie de volaille en partenariat avec une grande ferme avicole. 

« Je pense que la filière se porte très bien et que le Sénégal reste compétitif par rapport aux pays de l’Umoa [l’union monétaire et économique d’Afrique de l’ouest], confie-t-il. Notre objectif est de pouvoir produire nos propres œufs à couver et nos céréales. » L’accouveur s’approvisionne en reproducteurs de Cobb, Aviagen et Hubbard, et en aliments auprès d’un fournisseur des Pays-Bas. Il recoure à un constructeur de bâtiments avicoles rencontré au salon breton Space.

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Filières « sous-évaluées »

La Côte d’Ivoire n'est pas seulement le pays de la noix de cajou et du cacao, a souligné le ministre des Ressources animales Sidi Tiémoko Touré au Salon de l'agriculture: « La partie élevage est sous-évaluée en termes d’intérêt, garantissant de bons retours sur investissement ». Le prochain Salon de l’agriculture et des ressources animales (Sara), qui se tient du 23 mai au 1er juin à Abidjan sur le thème "Quels systèmes de transformation agro-alimentaire pour la souveraineté alimentaire en Afrique", sera l’occasion d’engager des affaires.

Au Bénin, bien moins avancé, l’analyste et consultant Agro Sapiens recommande aux acteurs privés d’investir dans la culture de maïs, dans la fabrication d’aliments pour animaux – signalant la construction d’une unité de trituration de soja à proximité du port de Cotonou. Mais aussi dans les chaînes du froid de petite ou grande échelle, dans la transformation pour répondre au changement des habitudes alimentaires et d'urbanisation (besoins en plumeuses et machines de découpe), dans l'automatisation partielle (capteur IoT, systèmes d'abreuvement, etc.) et enfin dans le conditionnement. « Les niches porteuses au Bénin pourraient inclure des couvoirs modernes, des banques de gènes locaux comme ceux du poulet à croissance rapide appelé « Bicyclette » et une sélection de souches adaptées », soulève-t-il. Interrogé sur les retours sur investissement possible, il estime qu’il ne devrait pas être en dessous de 20 % sur les investissements génétiques et de 15% sur les équipements.

Besoins en plumeuses et machines de découpe