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Le composteur Caeterra révolutionne la gestion des déchets alimentaires

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La tour de compostage mise au point par Caeterra Crédits : © Caeterra

Caeterra a développé une solution de compostage clé en main pour permettre à ses clients, entreprises, collectivités et établissements publics de gérer leurs déchets alimentaires avec un minimum de contraintes. La start-up est en train de boucler une levée de fonds de 450 000 euros.

Un mobilier de compostage clé en main répondant aux enjeux réglementaires de la loi Agec (1) entrée en vigueur en janvier 2024, tel est le défi qu’a relevé Caeterra. La start-up, créée en 2022 par Gautier Forgerit et Paul Marchisio, deux ingénieurs sortis de Université de technologie de Compiègne (UTC) propose une solution globale de gestion des déchets alimentaires jusqu’à la distribution de compost à destination des entreprises, des collectivités et des établissements publics. Un système breveté « sans nuisance, c’est-à-dire sans pucerons et rongeurs, le plus polyvalent possible et avec un minimum d’entretien, souligne Gautier Forgerit, CEO de Caeterra. 

Le composteur se compose d’une tour, avec un réservoir de matière sèche composé de résidus de graines de lin et d’une colonne d’aération pour gérer le taux d’humidité. « Lors du dépôt de déchets alimentaires, l’utilisateur ajoute de la matière sèche et tourne la manivelle pour favoriser le mélange avec la matière humide, ce qui va apporter de l’oxygène et ainsi activer le processus de compostage », poursuit Gautier Forgerit. Un diffuseur d’odeur est également intégré à la ventilation pour éviter les inévitables odeurs d’humus. Le brevet porte sur le principe du mélange et de la multiplication de force de la manivelle. Les composteurs sont fabriqués à la main dans son usine des Hauts-de-France.

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La gamme proposée par Caeterra compte trois modèles, un petit composteur de la taille d’une chaise de bureau sur 1 mètre de haut à utiliser en intérieur et deux autres de 450 et 700 litres pour l’extérieur. Il existe également une autre gamme Terre fertile, plutôt à destination des écoles, « avec une jardinerie autour du composteur qui communique directement avec la tour et permet de sensibiliser à la permaculture », explique le cofondateur.

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Une levée de fonds en cours

Caeterra privilégie deux approches de commercialisation, soit la vente de son composteur auprès des collectivités pour les aider dans la gestion des déchets des citoyens, soit une formule locative pour les entreprises, avec la collecte du compost pour celles qui n’en ont pas l’utilité, notamment les hôtels. A l’inverse, la distribution du compost aux participants de la gestion des déchets dans les entreprises « permet de récompenser leurs efforts et boucler la boucle du cycle du recyclage », explique la société. Relevé tous les 3 à 4 mois, le compost peut être utilisé en agriculture après un passage chez des acteurs locaux spécialisés dans le traitement des biodéchets disposant des agréments sanitaires nécessaires pour s’assurer de l’innocuité de ce compost. 

Très vite rentable, Caeterra s’est donc rapidement autofinancé tout en bénéficiant de diverses subventions, notamment régionales. Aujourd’hui, pour passer à l’étape suivante, la start-up est en train de boucler une levée de fonds de 450 000 euros auprès de la Fondation de l’UTC (présidée par le Groupe Saint-Gobain) et de business angels. La société qui compte actuellement 13 personnes et 250 clients a déjà installée 350 composteurs chez ses clients. Elle prévoit de réaliser un chiffre d’affaires d’un peu moins de 1 million d’euros cette année. Des tests pilotes actuellement en cours auprès de grands comptes devraient se concrétiser rapidement. 

(1) Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire.