Lors de son assemblée générale du 12 juillet, le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux a élu son nouveau président, Christian Delpeuch, issu de la famille du négoce. Il a dressé un constat de la situation actuelle et pris position pour des remèdes énergiques à la crise notamment la création « de produits nouveaux en dehors des AOC » et des mesures d’arrachage, co-financées par une contribution volontaire obligatoire de la profession. Il a également défendu la gestion du CIVB.
Christian Delpeuch, 57 ans, qui remplace le viticulteur Jean-Louis Trocard, est issu du monde du négoce (il est directeur général de la maison de négoce Ginestet depuis 1991), selon le principe de l’alternance (viticulture, négoce).
Lors de son premier discours, Christian Delpeuch a estimé que les difficultés du vignoble sont liées « à une crise d’ajustement quantitatif et qualitatif du vignoble ». « Notre potentiel global de commercialisation est de l’ordre de 5,5 millions d’hl ; notre capacité de production de l’ordre de 7 millions d’hl avec, paraît-il, sur les vignes l’équivalent de 8,5 millions d’hl. Les cours actuels sont le résultat de cette situation», a t-il poursuivi. Le nouveau président a proné un « assainissement du marché» quantitatif et « qualitatif», conditionné à une « opération vérité sur le respect des conditions de production, sur le contrôle effectif des lots de vins assemblés et sur l’usage abusif que certains font de l’AOC aussi bien à la production qu’au négoce ».
Une plus grande liberté même pour les AOC
Selon lui, cet « assainissement passe aussi par davantages de libertés ». « Je suis favorable à l’ouverture, pour les AOC qui le voudront et notamment les AOC génériques, à certaines pratiques œnologiques internationales qui ne remettent pas en cause le principe de l’AOC », a t-il expliqué. Il s’est également dit favorable « à l’utilisation du nom de nos cépages sur nos étiquette » et « à la création de produits nouveaux, en dehors du système des AOC ».
L’« interdiction, sans la moindre exception, de la moindre plantation » et un arrachage « ciblé et définitif » font partie du plan du nouveau président. Pour co-financer cet arrachage (avec les aides communautaires et les collectivités territoriales), il a proné à « la création pour la campagne 2005 d’une CVO exceptionnelle d’un euro par hl déclaré ».
« Je trouve assez sain de devoir financer nos propres dérives », a expliqué Christian Delpeuch.
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Pour une réforme de l’agrément
Le dernier point de ce plan conjoncturel est la « réserve» de vin et les « rendements». Un nouvel accord interprofessionnel a été proposé afin de définir les conditions de la mise en réserve dès septembre.
« Il est grand temps d’envisager des rendements fixés à la parcelle, tenant compte d’une façon ou d’une autre des densités de plantation », a ajouté le président.
La qualité et le contrôle aval n’ont pas été oubliés. Christian Delpeuch a évoqué « les chiffres toujours excellents de l’agrément et ceux moins exaltants du service aval qualité » (contrôle des échantillons pris sur le marché, ndlr). Il a souhaité que les contrôles soient également renforcés en amont. Et que la réfome de l’agrément, engagé par d’autres vignobles (Médoc/Haut Médoc par exemple), inspire des dispositifs nouveaux dans le bordelais.
Enfin, il a défendu la gestion du CIVB, contesté par certains adhérents depuis la crise. Reconnaissant que, si les actions sont bien menées, les adhérents ne sont pas suffisamment informés, il a annoncé une lettre détaillée d’information plusieurs fois par an.