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Le viti-tunnel protège du mildiou

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Le viti-tunnel se déploie pour protéger les rangs de vignes. Crédits : © Mo.Del

Patrick Delmarre a concrétisé son idée de protéger les vignes en cas de pluie, grêle et gel, permettant de limiter le développement des maladies et les conséquences des aléas climatiques. Une prochaine levée de fonds va lui permettre d’accélérer le développement commercial.

Déployer un tunnel de film plastique sur les vignes dès qu’un épisode pluvieux, de gel ou de grêle s’annonce, automatiser le dispositif grâce à des capteurs météorologiques et le concevoir de façon à ne pas gêner le travail de la vigne : autant de défis que Patrick Delmarre est parvenu à relever en mettant au point un « viti-tunnel », protégé par deux brevets. Son invention, développée avec le concours de l’IFV (Institut Français de la Vigne et du Vin), a reçu le 1er prix du jury à l’occasion du salon Vinitech, début septembre 2022.

« Nous avons désormais passé l’étape de la preuve de concept, obtenue après des tests réalisés dans dix propriétés viticoles du bordelais pendant deux ans », explique Patrick Delmarre, à la tête de la société Mo.Del, basée en Gironde, qui développe le viti-tunnel. Le viti-tunnel est particulièrement efficace contre le mildiou, qui se développe en cas de précipitations, mais aussi contre d’autres maladies de la vigne liées à l’humidité. La réduction des quantités de produits phytosanitaires et le respect de distances de sécurité pour les riverains des parcelles viticoles sont aussi des éléments de nature à inciter les viticulteurs à s’équipe de ce type de tunnel.

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Une levée de fonds actuellement en cours

Patrick Delmarre planifie désormais le lancement commercial qui devrait intervenir en 2025, « en premier sur les rangs proches des habitations où il n’est pas possible de traiter », explique-t-il. Le coût de l’équipement est estimé de 300 à 350 K€ pour 10 km de vigne, ce qui le réservera à des zones viticoles à forte valeur ajoutée. Pour l’instant, cette solution n’est pas possible d’un point de vue réglementaire pour les AOC. « Un frein qu’il faut lever », reconnaît Patrick Delmarre. Ce dernier travaille à améliorer le dispositif en affinant les critères de déclenchement du tunnel, afin qu’il s’opère uniquement lorsque c’est indispensable.

La société est actuellement en cours de levée de fonds pour son lancement commercial prévue en 2025, estimant ses besoins de financement à 600 K€ pour les deux prochaines années. Une subvention de 150 K€ de la Région Nouvelle-Aquitaine a déjà été obtenue.