Alors que la demande en viandes de volailles et en œufs augmente, les éleveurs demandent d’urgence des revalorisations pour pouvoir vivre de leur production et investir. Dans l’Ouest, ils interpellent LDC, en premier lieu.
La CFA (Confédération française de l’aviculture) demande d’urgence une amélioration de la rémunération des éleveurs de volailles, de poules pondeuses et de lapins tandis que les éleveurs de volailles du Grand-Ouest interpellent les intégrateurs sur l’insuffisance des prix de reprise, même quand ceux-ci ont déjà été rehaussés cette année. La CFA fait cette demande « sur l’ensemble des productions, standards, Label Rouge et Bio ». Jean-Michel Schaeffer, président de la CFA, relève ce paradoxe dans le communiqué de la section avicole de la FNSEA du 18 juin : « La demande en poulet et en œufs explose, l’offre s’essouffle » en raison selon lui d’« un manque de rémunération des producteurs ».
Dans le Grand-Ouest, où quelques revalorisations ont eu lieu, les sections avicoles des FRSEA de Bretagne, des Pays de la Loire et du Centre-Val de Loire ont fait savoir aux intégrateurs, au cours des dernières semaines, que le compte n’y était toujours pas. Elles ont convié la presse sur un élevage de la Mayenne, mardi 24 juin, pour donner un écho à leur proposition commune de revalorisation auprès des principaux intégrateurs que sont LDC, Galliance et Plukon, « seule condition pour relancer l’investissement et garantir la souveraineté alimentaire », annoncent-elles.
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« Poker menteur »
Il s’agit, selon les présidents des sections régionales que nous avons contactés, d’une hausse comprise entre 8 et 10 % des prix de reprise qui aurait une répercussion minime sur le prix des découpes mais permettrait de faire remonter la marge annuelle au-dessus de 100 euros/m2. D’après ses calculs, Ludovic Giry (Centre-Val de Loire) estime que la marge atteint difficilement 75 euros/m2 en poulet et 70 euros en dinde. Selon David Labbé (Bretagne), les éleveurs du nord de la France et de Belgique non intégrés « gagnent deux fois plus » du fait d’un prix établi sur le marché de Deinze en Belgique, et qui est tiré par le déficit de production aux Pays-Bas dû aux contraintes environnementales.
En France, les distributeurs mènent le jeu, mais selon Christophe Labbé (Pays de la Loire), « les abatteurs jouent au poker menteur ». Alors que les abatteurs ont repris les négociations, les aviculteurs souhaitent « obtenir un engagement clair ». Selon David Labbé, il s’agit que LDC obtienne bien les 6 à 8 % de revalorisation que le numéro un français compte obtenir avant l’été. Il n’avait obtenu jusqu’alors que 2 %. « Plukon avait perdu un distributeur en février en lui demandant 8 % », rapporte-t-il. Encore faudra-t-il que les abatteurs répercutent aux éleveurs les revalorisations obtenues. Ludovic Giry (Centre-Val de Loire) estime que LDC ne leur a accordé que 0,6 % des 2 % obtenus.