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Volaille/Appellation Les volailles fermières d’Auvergne peinent à satisfaire la demande

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Sur un marché de la volaille en croissance de 2,3 % en 2012, la volaille fermière d’Auvergne a explosé avec une progression de 10 %, tirée vers le haut par la filière sans antibiotiques et sans OGM lancée avec Carrefour. A l’avenir, la filière espère décrocher une AOC pour une partie de la production localisée dans le Bourbonnais.

La filière des volailles fermières d’Auvergne a le vent en poupe. Avec près de 7 millions de tête mises en place cette année, elle devrait enregistrer une progression de 12 %, après une année 2012 à + 10 %, malgré un prix de vente en moyenne 1,6 fois plus élevé que celui du poulet standard.
Au Syvofa (syndicat des volailles fermières d’Auvergne), on refuse d’attribuer le succès exclusivement à Carrefour, qui a néanmoins largement tiré les volumes vers le haut avec sa filière volaille fermière d’Auvergne sans antibiotiques et sans OGM. Arrivé Auvergne (LDC), qui pèse 85 % des volumes d’abattage du Syvofa, réalise 10 % de ses volumes avec cette filière, soit 12 000 volailles par semaine, contre 4 000 prévues initialement. « 50 nouveaux bâtiments ont été mis en place cette année, sur un objectif de 60, et il nous en faut encore 60 nouveaux l’an prochain », explique Marc Saulnier, directeur général d’Arrivé Auvergne. Pour expliquer la croissance des volailles fermières d’Auvergne, il met aussi en avant la technique d’électrostimulation mise en place dans l’entreprise il y a trois ans. « Elle permet d’attendrir la viande, notamment le filet, et depuis, le nombre des clients n’a pas évolué mais les rotations ont augmenté », explique-t-il. N’empêche que les volumes de Carrefour sont loin d’être anodins dans la progression finale.
 
Une préoccupation : le rendement matière
Pour garantir une filière sans antibiotiques, les éleveurs recourent à la phytothérapie avec du thym, du citron ou encore de l’ail. En cas de besoin, ils utilisent des médicaments et les volailles sortent alors de la filière. En bout de chaîne, Arrivé Auvergne a fait le choix de conserver une découpe manuelle pour les volailles label. « 14 opérateurs traitent 1 000 volailles par heure, contre cinq opérateurs pour 4 000 volailles par heure pour le poulet standard, pour lequel tout est automatisé. Depuis un peu plus de cinq ans, nous avons fait des efforts particuliers sur le rendement matière, qui a progressé de trois points en moyenne. Mais d’un jour à l’autre, il peut varier de 1,5 point », explique Marc Saulnier. À un prix du kilo deux fois plus élevé que celui de la volaille standard, le choix de privilégier le rendement matière à la productivité fait sens.
 
Vers une AOC pour les volailles du Bourbonnais
Le succès des volailles fermières d’Auvergne comporte toutefois un bémol. Les mises en place de volailles festives étaient en fort recul en 2012 (- 20 %) et reculent à nouveau cette année (- 7 %). Mais elles ne représentent que 90 000 têtes sur près de 7 millions. Cette évolution s’explique par le recul de ces produits sur le marché national et par un arbitrage en faveur des volailles non festives pour l’utilisation des bâtiments compte tenu de la forte croissance de ce segment. La pintade fermière d’Auvergne, dont la production est plus importante (840 000 têtes mises en place) était en léger recul en 2012, à – 3,19 %.
Les volailles fermières d’Auvergne cumulent le label rouge et une IGP. A l’avenir, le Syvofa aimerait décrocher une AOC pour une partie de la production, les volailles du Bourbonnais. Pour l’heure, seule une espèce de volailles bénéficie d’une AOC, le poulet de Bresse. Le dossier est en cours d’examen à l’Inao.

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