Les secteurs du porc, du vin ou du sucre connaissent certes des difficultés, mais comme l’ensemble de l’économie européenne, considère la Commission européenne qui ne compte pas présenter de nouvelles mesures d’urgence dans les prochaines semaines. La « reprise que nous observons pour la plupart des marchés est un signe encourageant qui montre que les mesures prises ont contribué à stabiliser la situation » qui sera réévaluée en septembre, a estimé le commissaire européen devant les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept le 20 juillet.
Tout en reconnaissant les difficultés particulières auxquelles sont confrontés les secteurs du vin, du porc et du sucre, le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski, qui faisait le point sur la situation des marchés agricoles européens le 20 juillet devant les ministres de l’Agriculture de l’UE, a estimé que la « reprise que nous observons pour la plupart des marchés est un signe encourageant qui montre que les mesures prises ont contribué à stabiliser la situation ». Le commissaire européen s’est engagé à rester attentif à l’évolution du marché, soulignant la nécessité de « veiller à ce que les mesures soient utilisées dans toute leur ampleur pour apporter une réponse rapide aux difficultés auxquelles les agriculteurs sont confrontés ».
Janusz Wojciechowski a néanmoins noté que le secteur de la viande porcine était touché par « deux développements très négatifs liés à la pandémie de Covid-19 : premièrement, la fermeture d’abattoirs de grande échelle en raison de l’incidence du virus parmi les travailleurs, qui a un impact sur la capacité d’exportation" et deuxièmement les « nouvelles exigences de certification mises en place par la Chine pour certains États membres ». « Il est clair que nous devons faire face à ces deux développements rapidement et de manière décisive et viser un retour à la normale pour le secteur », a-t-il indiqué. Mais, malgré les appels répétés de l’industrie et des agriculteurs pour activer un dispositif d’aide au stockage privé pour certaines découpes de viande porcine touchées par la fermeture des restaurants, la Commission ne prévoit, pour le moment, aucune estimant que le secteur devrait compter sur sa capacité d’exportation.
Vin : attendre septembre
Concernant, le secteur viticole, la Commission européenne n’a pas non plus l’intention de prendre de nouvelles mesures dans un futur proche. Dans une nouvelle lettre adressée le 24 juillet à l’eurodéputée française Irène Tolleret, Janusz Wojciechowski repousse encore une fois toute idée d’un fonds de soutien européen au secteur compte tenu des contraintes budgétaires actuelles. Il indique également qu’il est prématuré de mettre en place un groupe de haut niveau pour le secteur viticole. Janusz Wojciechowski avait reconnu lors de son intervention devant les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept le 20 juillet « un grave déséquilibre sur le marché vitivinicole européen, avec des répercussions négatives sur les moyens de subsistance des producteurs de vin et sur l’ensemble de l’économie du secteur » lié aux stocks exceptionnellement élevés avant la crise, à l’imposition de droits de douane par les États-Unis dans l’affaire Airbus (1), et à la fermeture des restaurants qui a entraîné une réduction estimée à 30 % du volume de la consommation sur le marché de l’UE et à 50 % de la valeur des ventes pendant la période de fermeture. Il promet « de réévaluer la situation en septembre, une fois que les mesures de crise adoptées auront montré leurs effets et que les nouvelles données sur les récoltes seront disponibles ».
Des perspectives qui dépendent de la reprise économique mondiale
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Mais, d’une manière plus générale, la Commission estime que la plupart des marchés connaissent une reprise. C’est le cas du secteur des fruits et légumes avec de bons niveaux de prix pour les principaux produits, mais aussi du lait (avec des prix moyens dans l’UE qui sont supérieurs à la moyenne quinquennale dans une période d’incertitude et de croissance de la production mondiale), de la viande bovine (dont la balance commerciale reste positive tant en volume qu’en valeur), de la volaille (suite à la réouverture progressive des services de restauration, la situation s’est améliorée après une période de fort déclin) ou encore de la viande ovine (les prix de l’agneau se sont redressés, la stabilisation du marché s’est traduite par un recours très modeste au programme d’aide publique au développement pour les ovins).
Même pour le secteur du sucre, « le marché européen est sans aucun doute affecté par la situation mondiale, mais ne présente pas de déséquilibres majeurs à ce jour », estime Bruxelles qui prévoit une baisse modérée de la consommation au niveau de l’UE, d’environ 1,5 % par rapport à la campagne de commercialisation précédente. « L’influence de l’effondrement des prix de l’énergie et de la baisse de la demande d’aliments pour animaux dans le secteur de l’élevage doit être surveillée, a simplement souligné le commissaire européen. Les perspectives pour ce marché dépendront beaucoup des fondamentaux macroéconomiques et de la reprise économique mondiale ».
Mais, a prévenu Janusz Wojciechowski en concluant sa présentation, « inévitablement, il y aura d’autres défis à relever dans les prochains mois, que ce soit les retombées de la crise liée au Covid-19, ou la possibilité de ne pas parvenir à un accord avec le Royaume-Uni sur nos futures relations commerciales » (2).
(1) et (2) Voir même numéro