Abonné

Marchés agricoles européens : amélioration en vue

- - 5 min

Dans un contexte où règnent encore beaucoup d’incertitudes (Brexit, influenza aviaire, peste porcine africaine, Covid-19), la Commission européenne prévoit tout de même, dans ses perspectives à court terme, une dynamique haussière de la production agricole européenne dans l’ensemble, ou presque, des secteurs pour la période 2021/2022.

Dans son rapport sur les perspectives à court terme, publié le 6 juillet, la Commission européenne souligne dans l’ensemble une amélioration des perspectives de croissance au sein de l’UE pour la plupart des secteurs de production agricole pour la période 2021/2022. Parmi les principales cultures arables, la production d’oléagineux devrait connaître la plus forte augmentation annuelle (9,5 %) pour atteindre 30,1 Mio t en 2021/2022. Cette dynamique positive est principalement alimentée par la bonne tenue de la production de graines de tournesol qui pourrait atteindre 10,5 Mio t (soit +21 % en glissement annuel). De son côté, la production de soja devrait atteindre 2,9 Mio t (+10 % sur un an). Portée par la hausse de l’utilisation alimentaire de protéagineux (2,2 Mio t, soit +23 % par rapport à la moyenne quinquennale en 2021/2022), la production pourrait atteindre 4,6 Mio t en 2021/2022. Bruxelles précise que ce dynamisme s’expliquerait à la fois par une augmentation des surfaces et des rendements. La production de sucre devrait aussi enregistrer une nette hausse, de plus d’un million de tonnes par rapport à 2020/2021, pour atteindre 15,5 Mio t. En revanche, la production céréalière augmenterait dans une moindre mesure (+ 3,5 % en glissement annuel) pour atteindre 290,1 Mio t. Le maïs (72 Mio t, +10,8 %) et le blé tendre (125,8 Mio t, +7,3 %) feraient plus que compenser le déclin de la production d’orge (53,5 Mio t) et des autres céréales secondaires (31 Mio t), souligne la Commission.

Hausse de la production de viandes porcine, ovine et caprine

Concernant les productions animales, la viande porcine ainsi que les viandes ovine et caprine devraient poursuivre une tendance haussière en 2021/2022. Pour la première, l’augmentation de la production devrait ainsi s’accélérer légèrement en 2021, avec une croissance annuelle de 1,7 %, indique le rapport. Il ajoute que pour les deux autres viandes, la production a enregistré une hausse de 8,6 % au cours du trimestre 2021 (en ne comptant que les abattages dans les abattoirs). Sur le plan du commerce international, l’exécutif européen indique toutefois, qu’en raison du Brexit, les importations européennes de viande porcine en provenance du Royaume-Uni ont fortement baissé (-52 %) au premier trimestre 2021 en glissement annuel. Alors que les exportations européennes ont reculé de 17 % toujours sur la même période. Quant aux exportations de viande ovine à destination du Royaume-Uni, elles ont diminué au cours du premier trimestre 2021 de 14 %, alors que les importations ont baissé de 21 %, toujours sur la même période, en provenance du Royaume-Uni et de la Nouvelle-Zélande (-23 %).

Brexit et influenza aviaire

À l’opposé, la production de viande bovine a diminué au cours du premier trimestre 2021 de 3,7 % en volume par rapport à l’année précédente, indique le rapport. Cette situation s’explique principalement par les incertitudes autour de la gestion de la frontière entre le Royaume-Uni et l’Irlande après le Brexit. L’Irlande ayant notamment enregistré une baisse de sa production de l’ordre de 15 % soit 26 000 t. Quant à la viande de volaille, elle devrait diminuer légèrement en 2021 (-0,9 %). L’épidémie d’influenza aviaire qui a touché dix-huit pays de l’UE continue de perturber la production, notamment en Pologne (le plus grand producteur de volailles de l’UE), souligne le rapport. Et de préciser que « les interdictions liées à cette épidémie limitent les perspectives d’exportation de viande de volaille, ce qui a eu pour principale conséquence de réduire sensiblement la production au premier trimestre 2021 soit 4,4 % en glissement annuel ». En outre, en raison du Brexit et de la mise en place des contrôles sanitaires et phytosanitaires, les exportations britanniques à destination de l’UE ont baissé de 40 % au premier trimestre 2021. Alors que les importations britanniques de viande de volaille de l’UE ont chuté de 29 % sur la même période.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Bonne tenue de l’huile d’olive

Malgré une augmentation de la production d’huile d’olive de l’UE en 2020/2021 (7 % de plus que la campagne précédente pour atteindre 2,1 Mio t), la croissance des exportations (+24 % vers les États-Unis entre octobre et avril) et la reprise de la demande intérieure (+5 %) devraient contribuer à réduire les stocks qui devraient tomber au-dessous du niveau de 2017 (environ 380 000 t), estime la Commission européenne. Grâce à cette évolution, les prix de l’huile d’olive vierge extra dans l’UE ont déjà atteint des niveaux supérieurs à la moyenne en Espagne, en Italie et en Grèce. Sur le plan international, la suspension des droits de douane punitifs de 25 % contribuera à maintenir la bonne dynamique des exportations européennes au cours de la période 2021/2022, souligne Bruxelles.

Par ailleurs, en raison du gel printanier, la production totale de pêches et de nectarines de l’UE devrait chuter de 20 % pour atteindre 2,8 Mio t, par rapport à une production de 2020 déjà très basse (-27 %/ moyenne sur cinq ans), prévient la Commission.

Malgré les incertitudes liées à la persistance de l’épidémie de grippe aviaire, de la peste porcine africaine ou encore à l’impact du Brexit, la Commission européenne estime que dans chaque secteur agricole, la dynamique de la production agricole devrait s’orienter à la hausse. Toutefois, les soubresauts imprévisibles de la pandémie de Covid-19 ou encore les aléas climatiques pourraient quelque peu remettre en question ses prévisions.