My Healthy Food fabrique et fournit des produits frais, bio et sans allergènes, qu'elle commercialise dans certaines enseignes de la région parisienne. Elle a depuis peu signé un contrat test avec le groupe de restauration collective API. Pour accélérer son développement, la start-up veut lever des fonds.
Avec My Healthy Food, Meryem Bourbaa avoue avoir créé les produits qu’elle rêvait de trouver dans les rayons des supermarchés. Allergique aux laitages et amatrice de bio, cette ancienne analyste financière ne trouvait pas son bonheur au moment des déjeuners entre collègues. En 2017, elle saute le pas et lance sa start-up My Healthy Food, à Ballainvilliers (Essonne). Deux ans de travail plus tard, elle commercialise ses premiers produits dans une poignée d’enseignes de la capitale. À l’arrivée, une gamme de produits frais, bio et sans allergènes destinés aux consommateurs à la recherche d’une alimentation plus saine. « Pour rester cohérents, nous avons également exclu de nos recettes les additifs, les colorants, les conservateurs, l’huile de palme et le sucre raffiné. Exclure les 14 allergènes les plus courants ajoute un défi supplémentaire, mais c’était nécessaire. » Des ingrédients de saison sourcés localement auprès des producteurs bio d’Île-de-France. « Pour l’instant, notre carte se compose de soupes, de salades composées et de desserts. À terme, notre objectif est de passer à une carte par trimestre et de varier les recettes. »
Premiers pas dans la restauration collective
Un contrat avec le groupe de restauration collective API Restauration (famille Debosque) début novembre a permis à la start-up d’entrer sur le marché de la restauration collective. « Nous avons démarré une phase de test dans quelques-uns de leurs sites. Pour l’instant, tout se passe bien. Mais il est encore trop tôt pour parler d'une généralisation de nos produits sur tout le réseau API, car nous ne pouvons pas encore répondre à une demande exponentielle. Je ne veux pas compromettre la qualité des produits. » Un partenariat qui a poussé la fondatrice à revoir sa stratégie. « À l’origine, je pensais distribuer surtout en restauration à emporter, mais la pression sur les prix y est trop forte. Ces deux prochaines années, j’aimerais continuer à développer le marché de la restauration collective à Paris et en région parisienne. Le bio en RHF a un potentiel de croissance. » Une stratégie qui peut porter ses fruits, 64 % des restaurants collectifs d’Île-de-France sondés dans le dernier rapport de l’Agence Bio proposent déjà des aliments bio. Et avec 22 % des établissements projetant d’introduire du bio dans leur offre en 2020, la tendance n’est pas près de s’inverser.
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Pour répondre à la demande, Meryem Bourbaa a embauché quatre personnes à temps plein, dont trois en cuisine. Même si la start-up parisienne n’est pas encore à l’équilibre, la dirigeante se veut confiante : « Si nous augmentons notre chiffre d’affaires de 30 %, nous serons à l’équilibre et je pourrai me verser un salaire. Je nous donne six mois, d’ici le printemps 2020. Et il me paraît raisonnable d’envisager 1 M€ de chiffre d’affaires d’ici cinq ans. »
Des besoins de financement
Mais pour poursuivre sa croissance, des investissements seront nécessaires : « Notre cœur de métier, c’est la cuisine. Des tâches annexes comme l’étiquetage nous prennent beaucoup de temps pour peu de valeur ajoutée. Nous aimerions investir dans des machines. Dans l’avenir proche, j’estime nos besoins en financement à 100 000 €. » Pour cela, elle compte sur une combinaison de prêt bancaire et de levée de fonds. « Je pense notamment à des business angels qui ont une expertise dans le domaine agroalimentaire. Et pourquoi pas faire appel aux fonds d’investissement RSE (responsabilité sociale des entreprises), puisque nous avons vraiment une dimension responsable à mettre en avant. » Elle se donne jusqu’en septembre 2020 pour lever ces fonds supplémentaires. À plus long terme, Meryem Bourbaa ambitionne de distribuer ses produits dans les gares et les aéroports, dont « l’offre n’est pas à la hauteur des attentes des consommateurs ».