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Mycelium Technologies en quête de fonds

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Le shitake peut servir de base pour produire du mycélium. Crédits : © Pixabay/bluebirdprovisions

Mycelium Technologies (Mytechs)a mis au point une technique de fermentation exclusive pour produire du mycélium à l'échelle industrielle, en upcyclant des coproduits et des résidus agroalimentaires. La start-up lauréate du concours de l’innovation ILab2023, et NETVA Deepta USA 2024 prévoit de lever près de 3 M€ en 2025.

Le mycélium est connu de très longue date, mais produire du mycélium à échelle industrielle est autrement plus complexe. C’est le défi que relève actuellement Laetitia Pierazzi, cofondatrice et CEO de la start-up niçoise Mycelium Technologie (Mytechs), basée à Nice depuis sa création il y a 18 mois. Elle a mis au point avec son équipe une technologie exclusive exclusive conçue spécifiquement pour optimiser la culture et la croissance du mycélium. 

« Notre technologie combine les avantages de la fermentation en milieu solide et en milieu liquide, elle permet d’obtenir un mycélium pur désolidarisé de son substrat, de contrôler les paramètres de culture, mais aussi de pouvoir monter en échelle plus facilement et d’obtenir une diversité de produits à base de mycélium. C’est une technologie hybride, qui permet de revaloriser une grande diversité de coproduits et de résidus agro solide et liquide, très peu énergivore, et modulaire, donc facilement reproductible géographiquement », explique Laetitia Pierazzi. 

Il est possible ainsi de revaloriser des drêches de brasseries, de résidus de la trituration d’oléagineux ou de légumineuses déclassés en raison de défauts visuels. « Notre cycle de production de la culture à la récolte de notre mycélium est de moins d’une semaine, ce qui en fait la protéine alternative à la croissance la plus rapide pour répondre aux enjeux de l’alimentation de demain. »

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« Mytechs veut devenir un leader international dans la production de mycélium pour la nutrition humaine grâce à sa technologie innovante, et son expertise spécifique de criblage sur une diversité de souches de champignons et de coproduits et résidus agro », souligne la société.

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L’intérêt du mycélium obtenu réside dans ses qualités nutritionnelles, c’est un aliment complet, riche en protéines, avec tous les acides aminés essentiels, mais aussi en fibres, vitamines, minéraux, antioxydants. « Les caractéristiques du mycélium pur permettent de l’utiliser dans des préparations sans avoir besoin d’ajouter des arômes ou des additifs, ce qui est un enjeu important pour l’industrie alimentaire », poursuit-elle. Mycelium Technologies ciblera les industriels de l'alimentaire nutrition (sportive, des compléments alimentaires et de la nutrition médicale).

Levée de fonds en deux phases

Actuellement, Mycelium Technologies est en phase de recherche de fonds pour accélérer son développement. « Nous menons notre levée de fonds en deux phases : 250 à 300 K€ auprès de business angels ou de family offices, puis en 2025, nous chercherons à mobiliser 2,5 millions d’euros en equity en nous tournant vers des fonds de capital risque », détaille Laetitia Pierazzi. 

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« Cette année nous rentrons dans le concret et faisons déguster notre produit phare « le filet mycélien » à nos premiers clients pour une commercialisation dès fin 2024 », indique Laetitia Pierazzi. La phase préindustrielle devrait débuter dès début 2025. L’équipe de 5 collaborateurs va s’enrichir de deux nouvelles recrues prochainement. 

Il reste encore à Laetitia Pierazzi à franchir plusieurs étapes. Le mycélium obtenu à partir de certaines souches de champignons (shitaké, pleurotes) est considéré comme un novel food par l’Efsa. C’est pourquoi la société se tournera dans un premier temps vers des souches non novel food pour une commercialisation plus rapide, avant d’élargir sa gamme à d’autres espèces de champignons pour proposer une diversité d’aliments à base de mycélium.