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Mycophyto étend son projet Mycovigne sur de nouvelles parcelles viticoles

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Signature du projet de convention Mycovigne II par Justine Lapuma, Pdg et cofondatrice de Mycophyto, et par Catherine Barnel, Présidente de la Caisse Régionale Crédit Agricole Provence Côte d’Azur. Crédits : © Irina Lafitte

Après une première étape concluante entre 2020 et 2023, le projet Mycovigne poursuit sur sa lancée et va pouvoir faire ses preuves sur les vignes du Château de Berne. 

Ce mardi 25 février 2025, le Sia a été l’occasion pour Justine Lipuma, Pdg de Mycophyto de signer avec Catherine Barnel, Présidente de la Caisse Régionale Crédit Agricole Provence Côte d’Azur, le projet de convention Mycovigne II

Initialement lancé en 2020 en partenariat avec le Château Sainte Roseline, le Crédit Agricole et le Centre du Rosé, Mycovigne deuxième génération passe à l’échelle supérieure. Pour l’occasion, le Château de Berne rejoint le projet avec un hectare de vignes qui seront inoculées par des souches de champignons mycorhizes. Au total, deux hectares seront concernés par le projet sur les deux domaines. 

Lire aussi : Justine Lipuma (Mycophyto) : « Notre savoir-faire repose sur notre capacité à savoir quelle espèce de champignons mycorhiziens est positionnée dans quel type de sol »

Cofondée en 2017 Par Justine Lipuma et Christine Poncet, la start-up utilise des champignons microscopiques, appelés mycorhiziens, pour stimuler la croissance des cultures, améliorer leur résistance immunitaire et leur tolérance au stress hydrique. « Notre technologie consiste à définir des associations d’espèces de champignons adaptées à un territoire donné », explique Justine Lipuma, selon qui cette solution « permet de combiner productivité et transition ».  

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Les vendanges de 2025 seront les premières pour le raisin nouvellement inoculé du Château de Berne, même si après l’expérience avec le Château Sainte Roseline sur les vendanges 2022 et 2023, Justine Lipuma est confiante. « Nous avons fait des récoltes différenciées, de la vendange à la vinification, nous sommes allés jusqu’au produit fini. Avec des dégustations à l’aveugle, l’Institut Français de la Vigne et du Vin et le Centre du Rosé ont pu mesurer qu’il n’y avait pas d’influence de nos inoculas sur la signature organoleptique du vin. » 

Une levée de fonds prévue pour l’été 

Contrairement à la première version du projet, Mycovigne II va intégrer un nouveau paramètre, la quantification de la séquestration de carbone dans les sols des parcelles traitées. « C’était une demande à la fois des viticulteurs et du Crédit Agricole », explique Justine Lipuma. Citant une étude scientifique, la dirigeante assure que « la séquestration de carbone est augmentée par l’apport de notre solution ». Au total, ce seront deux hectares qui seront inoculés au cours du projet Mycovigne II. Grâce à sa technologie, Justine Lipuma espère « redonner une certaine autonomie aux viticulteurs. Notre objectif, sur une culture pérenne comme la vigne, est de n’intervenir que tous les deux ou trois ans. » La prochaine étape sera de rendre la solution « plus accessible », continue-t-elle. 

Lire aussi : Mycophyto reçoit une aide de l’Etat de près de 2 M€ 

Mycophyto prépare une levée de fonds de série A pour cet été, au cours de laquelle ses fondatrices espèrent lever entre 10 et 15 millions d’euros. « Il s’agit de répondre à une traction commerciale, nous avons déjà des distributeurs régionaux intéressés », commente Justine Lipuma. « Nous devons améliorer notre plateforme technologique et notre outil de production doit passer à l’échelle industrielle. »