Les importations françaises d’œufs en provenance d’Ukraine vont s’accroître, s’inquiète le CNPO (interprofession). Un phénomène récent lié à la baisse de la production européenne provoqué par l’influenza aviaire.
« Le plus important producteur d’œufs ukrainien, Avangard, ouvre plusieurs bureaux de vente en France, annonçant leur prochaine commercialisation sur le territoire », s’inquiète le CNPO (interprofession des œufs) dans un communiqué le 13 décembre. Craignant « l’arrivée potentielle massive d’œufs ukrainiens » en France, le CNPO réclame « une intervention aussi ferme que dynamique » pour mettre fin à ces importations, qui interviennent dans le cadre de l’accord commercial UE/Ukraine (importations sans droit de douane ni quota), renouvelé début juin. « Pour des raisons géopolitiques, certains pays ont en effet fermé leurs frontières aux produits ukrainiens qui cherchent désormais de nouveaux clients », relève l’interprofession. La filière des œufs dit « soutenir » les producteurs ukrainiens, mais ne peut « pas accepter la concurrence d’œufs à bas coût, non soumis aux mêmes contraintes ».
Les premières expéditions d’œufs coquille ukrainiens vers la France ont débuté en mai, à raison de 400 t, note l’Itavi, interrogé par Agra Presse. Comme le rappelle l’institut technique, « historiquement, la France n’importait pas d’œufs coquille directement de l’Ukraine ». Le volume importé par l’Hexagone « reste faible (1 % des imports de l’UE) ». Mais il faut y ajouter « certains flux d’œufs coquille [qui] pourraient transiter par d’autres pays européens (Italie, Lettonie, Pologne, etc.) avant d’être transformés en ovoproduits », puis réexpédiés en France sous l’étiquette UE.
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Volumes multipliés par sept depuis 2021
Au niveau européen, les importations en provenance d’Ukraine ont explosé ces derniers mois. Entre le 1er janvier et 10 décembre, l’UE a fait venir d’Ukraine 39 708 téoc (tonnes équivalent œuf coquille). Des importations qui ont quasiment doublé en un an (+91 %), et ont été multipliés par sept depuis 2021 (+661 %). Presque 70 % de ces volumes sont des œufs coquille. Le pays est devenu le premier fournisseur de l’UE, dans un contexte de production réduite par l’influenza aviaire et de consommation soutenue. En France, c’est surtout la Pologne qui avait compensé cette baisse.
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Après un « léger ralentissement » des flux ukrainiens vers l’UE en novembre, l’Itavi observe en décembre « des signes de reprise due à l’augmentation des prix, liée à une baisse des disponibilités ». Une situation qui pourrait « inciter certains industriels à se tourner vers des œufs ukrainiens, nettement moins coûteux ». Selon l’institut technique, en 2022, le coût de production ukrainien était inférieur « d’environ 30 % à la moyenne de l’UE ».