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Osiris Agriculture en route vers la commercialisation de son robot autonome d’irrigation

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Le robot d'irrigation autonome d'Osiris Agriculture en pleine activité dans un champ de pommes de terre. Crédits : © Osiris Agriculture

La dernière version du robot autonome d’irrigation conçu et développé par Osiris Agriculture va pouvoir être commercialisée. Pour intensifier l’effort commercial et augmenter la production, la société cherche à lever des fonds. 

Depuis sa création en 2021, Osiris Agriculture s’est attaché à poursuivre tous les tests en champs (pomme de terre et de légumes) grandeur nature de son robot d’irrigation, électrique et autonome, afin de poursuivre les améliorations tant sur l’aspect robustesse, agronomique que précision. La dernière version de ce robot, baptisé Oscar, était exposée au dernier salon Innov-Agri début juin. « Notre machine est arrivée à un stade industriel qu’il faut maintenant produire et commercialiser, indique Henri Desesquelles, cofondateur de la start-up avec Rodolphe Cockenpot et Léon Guyard. Ces années de tests nous ont permis de démontrer différentes choses, notamment un rendement en plus de 8%, parce qu’avec notre système, l’irrigation est homogène sur toute la largeur de la parcelle, quelle que soit sa forme et 22% d’économie d’eau par rapport à un canon enrouleur classique. Nous sommes sur les largeurs de pulvérisateurs agricoles de l’agriculture, sur des surfaces de 30 à 44 mètres globalement ». 

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L’une des grosses évolutions de cette machine par rapport aux précédentes est qu’elle est certifiée autonome pour un fonctionnement sans surveillance dans son champ, un jalon indispensable pour la commercialisation. « Nous avons travaillé avec des bureaux d’études pour la mise en place de capteurs de sécurité et de détection pour éviter les collisions, explique le cofondateur. Nous y avons aussi ajouté la tractabilité sur route, c’est-à-dire qu’au sens du code de la route, notre machine est une remorque qui peut être déplacée facilement par un tracteur d’un champ à un autre ».

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La société, dont le business model repose sur la vente de ses robot, a pour objectif pour la saison 2026, « de vendre entre 5 et 10 robots, soit autour du million d’euros de chiffre d’affaires », estime Henri Desesquelles. À terme, Osiris prévoit de produire entre 50 et 100 machines par an sans faire exploser l’équipe de R&D et atteindre un point de rentabilité qui pérennise la société. 

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Une levée de fonds et d’autres développements à venir

Pour passer ce cap de la commercialisation, Osiris prépare une levée de fonds d’un montant de 4 M€, après avoir déjà réalisé un premier tour de table à hauteur de 2,15 M€ en 2023 (1). « En plus de nos actionnaires historiques, nous aimerions réussir à faire entrer de nouveaux acteurs et pourquoi pas faire participer le monde agricole. Et nous ne sommes pas contre le soutien d’un industriel avec une force de frappe commerciale que nous n’avons pas par exemple, tout dépendra de nos discussions », estime le cofondateur. Cette nouvelle levée de fonds, que la start-up espère boucler au premier trimestre 2026, lui permettra d’intensifier l’effort commercial, de structurer l’équipe, mais aussi d’augmenter la production, qui est actuellement d’une machine par an. 

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De quoi tenir sur les trois à quatre prochaines années, tout en « finalisant les programmes de R&D en cours sur l’optimisation d’irrigation. Une fois que le robot passe facilement et régulièrement dans les champs pour irriguer avec des capteurs mis en place pour réguler l’eau, nous pourrons aussi moduler l’engrais et être en mesure de détecter les maladies et les ravageurs », détaille Henri Desequelles. 

En septembre prochain, Osiris testera la fertirrigation, l’épandage de digestat et la modulation intelligente. La société a notamment pour ambition d’arriver fin 2027 à une diminution de 20% de la consommation d’engrais grâce à la fertirrigation. Autant d’améliorations qui devront être déployables sur les machines précédentes. Et en plus des pommes de terre et des légumes, la société a identifié d’autres besoins sur d’autres cultures et travaille sur une autre version de son robot pour des cultures plus hautes, de type maïs, et une autre encore à destination du maraichage, avec une machine plus adaptée à leur besoins, vraisemblablement plus petite. 

(1) L'apport en capital de 1,17 M€, opéré par FIRA 2, Nord France Amorçage, BACS-Innov, GUFA Somme et sept Business Angels a été complété à hauteur de 1,08 M€ par BPIFrance dans le cadre d'un programme France 2030.