L’interprofession de l’œuf a trouvé un accord de financement de l’ovosexage à l’issue de discussions tendues. La cotisation ne vient plus seulement des GMS mais aussi des grossistes fournissant la restauration.
Ce matin du 27 février 2025, les différents collèges du CNPO, interprofession de l’œuf, se sont accordés en conseil d’administration sur un système de cotisation pour l’ovosexage auprès de la GMS ainsi que des grossistes, apprend-on de la direction du CNPO. Cet accord est prévu pour 18 mois et s’établit à 0,39 centime la centaine (contre 0,59 cent au cours de décembre 2024 à février 2025) jusqu’au 1er septembre 2025 puis 31 cents, selon l’information donnée par le Snipo (collège des conditionneurs et transformateurs).
Il s’agit d’une extension aux grossistes qui commercialisent les œufs coquille auprès de la restauration (hors exportation). À ce titre, le journal Les Marchés rapporte une inquiétude de la part de producteurs d’œufs travaillant avec les grossistes, quant à la perte de concurrence due à la cotisation par rapport à des œufs d’importation dans la restauration. Toutefois le journal souligne qu’à court terme, le risque est limité du fait d’un manque conjoncturel d’œufs en Europe. Selon Les Marchés, de source Snipo, les grossistes cotiseront à compter de la publication d’un décret, attendu au printemps.
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Menaces de ne plus livrer
Cet accord de financement interprofessionnel vient clore des discussions tendues entre collèges, celui de la grande distribution ayant été empêché par son absence une réunion sous l’égide du ministère de l’Agriculture le 20 février. Les producteurs, connaissant le refus de la GMS de continuer à financer seule l’ovosexage, menaçaient d’arrêter de livrer. Mais le jour suivant, dans un communiqué commun, les deux fédérations de la distribution FCD et FCA demandaient au gouvernement de mettre en œuvre l’accord interprofessionnel de financement de l’ovosexage « de principe », trouvé en novembre 2024, qui consistait à faire contribuer les grossistes. L’accord précédent avait été prolongé de 3 mois à la fin novembre dans l’attente d’un nouvel accord.
Grâce à cet accord, les cinq accouveurs produisant des poulettes pour les producteurs d’œufs continuent de recevoir une aide interprofessionnelle compensant partiellement leur surcoût de l’ovosexage. Cette compensation est partielle car elle représente le surcoût le plus faible parmi ces cinq accouveurs. Le surcoût, évalué par FranceAgriMer, diminue au gré des optimisations réalisées par les opérateurs, mais le SNA, syndicat des accouveurs, prévoit qu’il diminuera de moins en moins. La compensation pour les accouveurs est de 0,88 centime depuis trois mois, et le restera temporairement, une nouvelle évaluation du surcoût étant en cours. On apprend par le SNA que la prochaine compensation sera rétroactive au 1er mars.